Unique de par le monde? Certainement!

Repoussant, vous dites? On vous l’accorde. Lorsqu’on arrive face à face avec le colosse de béton, on fige. Le bâtiment nous intimide de par sa taille, sa froideur, ses petites ouvertures évoquant les meurtrières, son gris guerrier, son absence d’architecture. Le côté inusité du bâtiment se trouve ailleurs.

Bunker Berlin
Bunker Berlin

Connaissez-vous un immeuble dans le monde dont l’historique affiche les mots bunker, nazis, prison, melon, banane et ananas, musique techno, sadomasochisme et art contemporain? On vous raconte.

Vous avez sous les yeux le bunker du quartier Mitte, à Berlin. Construit en 1942, il a servi de refuge aux Allemands pendant le bombardement des Alliés lors de la Deuxième Guerre mondiale. Jusqu’à 2000 personnes pouvaient s’y loger.

Lors de leur entrée à Berlin, les Soviétiques ont transformé le bunker en prison, y jetant l’un après l’autre les nazis capturés. Puis les Allemands communistes l’ont utilisé pour entreposer des fruits exotiques. D’où son surnom à l’époque: le banana bunker.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, des jeunes Allemands se sont emparés de l’immeuble pour y tenir des soirées de musique techno. De plus, sadomasochistes et fétichistes y auraient organisé des soirées pour laisser libre cours à leur imagination. À bien y penser, quoi de plus naturel qu’un bunker tout froid pour une séance de sadomasochisme. L’atmosphère devait être stupéfiante.

Coup de foudre en 2003! Un collectionneur d’oeuvres d’art achète le bâtiment et entreprend des travaux de rénovation qui dureront quatre ans. Le bunker s’est trouvé une nouvelle vocation : il abrite désormais la collection d’art contemporain de Christian Boros. Le publicitaire a tout de même tenu à préserver quelques éléments originaux du bunker même si le nombre de pièces a été réduit de 120 à 80. D’ailleurs, la façade affiche toujours ses trous de balles et d’obus. Et, semble-t-il, la lumière du jour ne pénètre jamais dans le bâtiment.

Histoire d’humaniser les lieux je suppose, M. Boros a aménagé une véranda sur le toit du bunker, avec terrasse et piscine sur une surface de mille mètres carrés. D’où la verdure que vous apercevez tout en haut.

Nous avons voulu visiter le bunker. Selon l’hôtel situé juste à côté, il faut réserver deux à trois semaines à l’avance et les visites ne se font que les fins de semaine. Dommage!

Vous êtes amateur de statistiques? Le bunker mesure 38 mètres de long par 16 mètres de hauteur. Les murs extérieurs ont deux mètres d’épaisseur. Le toit? Un peu plus de trois mètres d’épaisseur.

Références: Berlin itinéraires, Isabel Kreitz et Cécile Calla, Casterman, Paris, page 36, (plus les infos fournies par l’hôtel voisin).

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestShare on LinkedInEmail this to someone