La maison d’enfance de Depardieu

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Je me suis dit: Oh ça va décoiffer! C’est ce qui s’est produit. Quand j’ai terminé la lecture, j’étais décoiffé. En fait, je l’étais dès la première page.

Il n’y a pas à dire, Gérard Depardieu ne fait jamais rien comme les autres. Même pas son autobiographie.

La première phrase donne le ton: «Ma grand-mère habitait en bout de piste à Orly, elle était dame pipi à Orly, où je passais mes vacances quand j’étais gamin. Dans les chiottes d’Orly – j’adorais ça: «Départ à destination de Rio de Janeiro…» Putain, ils s’en vont à Rio! Et je courais voir. J’allais aussi regarder ceux qui revenaient : «Arrivée en provenance de…»

Dès le début, il y a cette phrase intrigante: «Ce que j’aimerais, tu vois, c’est avoir une maison avec des odeurs de pin, des épines de pin qui te piquent les pieds quand tu marches dessus.»

Puis, plus loin, il nous raconte la vie dans la maison de son enfance. Vous vous attendez à une résidence luxueuse et un train de vie de bourgeois? Lisez ce qui suit: «On habitait devant l’école, le quartier de l’Omelon, à Châteauroux. Une baraque où ça puait le pauvre. Parce que nous, on ne se lavait pas, on ne se lavait qu’une fois par semaine. Et putain ça puait! ….On vivait dans deux petites pièces, on était les uns sur les autres, j’étais bien mieux dehors à faire ce que je voulais. C’était une enfance formidable.

«Jamais je ne mangeais avec mes parents. Je n’ai jamais non plus mangé avec mes frères et mes sœurs. Ma mère ne nous réunissait pas à la table. Nous, les gamins, on ne se disait pas bonjour –chez nous, personne ne disait bonjour à personne. Pas de repas en famille, pas de bonjour non plus. Chez nous c’était comme ça. La vie, elle était là, tu l’apprenais en la regardant, pas de mots, jamais.»

Et ça continue comme ça. Tout un tas d’anecdotes. Il nous parle de son enfance dans les rues, de sa mère qu’il a accouchée alors qu’il avait sept ans, de quelques-uns de ses rôles au cinéma, de son amour pour la culture russe et de son admiration pour Vladimir Poutine, de la mort de son fils Guillaume, et surtout de son énorme appétit pour la vie.

ll faut le dire: avec Depardieu, on ne s’ennuie jamais.

Référence:

Ça s’est fait comme ça, Gérard Depardieu, XO Éditions, 2014, 171 pages

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