Locataires coincés par des loyers élevés

 

Notre dernier billet vous a un peu secoués. Vous vous étonniez devant l’affirmation de la CORPIQ, une association de propriétaires, selon qui il est faux de prétendre que les loyers sont trop élevés au Québec (voir billet précédent). Voici un nouvel éclairage!

Au terme d’une longue analyse, deux chercheurs de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) arrivent à la conclusion que la hausse des loyers au Québec est telle qu’elle laisse l’inflation loin derrière, défiant ainsi les recommandations de la Régie du logement.

Et les trois paliers de gouvernement ne peuvent se renvoyer la balle puisqu’ils seraient tous les trois responsables de la crise du logement qui persiste depuis dix ans. 

Guillaume Hébert et Marc Daoud affirment que la hausse des loyers au Québec cette année frise le 3,4% alors que l’inflation, ramenée au sol par le ralentissement économique, n’est que de 0,4%. La Régie du logement, elle, prescrivait une hausse maximum de 0,8%. 

Ce n’est pas tout. Depuis le début de la rareté des logements en 1999, les loyaux ont augmenté 30% plus vite que l’inflation. À Montréal, on parle de 40%. 

Les deux chercheurs constatent que la pénurie de logements locatifs sévit toujours. Le taux d’inoccupation est de 0,6% à Québec, 1,1% au Saguenay et à Trois-Rivières. La récession actuelle risque de faire mal aux 35,6% des locataires toujours à la recherche d’un loyer abordable.      

Les chercheurs d’IRIS soutiennent que la décision d’Ottawa de cesser de subventionner la construction de HLM fait encore des ravages. Ils estiment que la subvention aux loyers de Québec, un léger soulagement pour certaines familles certes, prend des proportions ridicules aux côtés de la hausse vertigineuse des loyers. Vu les circonstances, elle apparaît comme une subvention aux propriétaires.

Devant la hausse constante des loyers et séduits par certains programmes municipaux visant à faciliter leur accès à une propriété, certaines personnes courent le risque de devenir propriétaires malgré des moyens financiers limités. Souvent, ils optent pour un condo, quitte à se serrer davantage la ceinture.

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