Le côté brutal de Chicoutimi

La maison du peintre-barbier Arthur-Villeneuve reste l’un des attraits touristiques par excellence de la ville de Chicoutimi en matière d’immobilier.

Cegep Chicoutimi, aile Huard. Wikipedia
Cegep Chicoutimi, aile Huard. Wikipedia

Résumons l’histoire pour ceux et celles qui ne la connaissent pas.

Un beau jour de 1957, le barbier Arthur Villeneuve décide de peindre sur les murs de sa maison. Pendant deux ans, à raison de 100 heures par semaine, il recouvre toute sa maison d’œuvres naïves et primitives sous le regard de sa femme, de ses enfants, des voisins et des amis.

Prenant au sérieux la Bible selon laquelle tout homme devrait exploiter le talent que Dieu lui a donné, Villeneuve a voulu reprendre les années perdues. Ses sujets de prédilection étaient la rivière Saguenay, les légendes et les mythes de la région et la religion catholique.
La maison est devenue un musée. J’insiste sur le fait que Villeneuve a exprimé son talent partout: cuisine, salon, chambre. Et même la façade de la maison.

Dans la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean, le touriste retrouve aussi les maisons fantômes de Val Jalbert et la petite maison blanche, transformée en musée après le déluge majeur à Jonquière (Chicoutimi) en 1996.

Si vos vacances se déroulent cette année dans cette région et que l’immobilier vous passionne, passez par le Cegep de Chicoutimi. Vous arriverez face à face avec un immeuble «brutal»: l’aile Huard du cegep.

La brutalité de l’aile réside dans son architecture décrite comme un exemple de Brutalisme. Selon Wikipedia, le Brutalisme a été très à la vogue entre les années 1950 et 1970, ce qui correspond grosso modo à la construction des cegeps au Québec.

Et Wikipedia de glisser un commentaire peu flatteur à l’égard de l’aile Huard: «Le Brutalisme condensa sur lui une grande impopularité: c’est sous ce nom que l’on rassembla toutes les constructions « laides » en béton.»

L’aile Huard peut se consoler. Nul autre que le célèbre architecte Le Corbusier est considéré comme l’un des précurseurs du Brutalisme. D’après Wikipedia,  «Le Corbusier voit dans le béton son côté sauvage, naturel, primitif, sans transformation.»

Par contre, l’idée appartient au génie anglo-saxon, reconnu pour son obsession pour l’efficacité et la pragmatisme. Paraît-il que l’Angleterre a été friande de ce style d’architecture durant le XXe siècle.

Deuxième source de consolation pour l’aile Huard: de nombreux campus universitaires ont opté pour le Brutalisme par souci d’économie. Trois exemples: l’Institut de technologie de l’Illinois aux États-Unis, le Centre des arts à l’université de Bochum en Allemagne, l’École fédérale d’architecture et d’urbanisme de São Paulo au Brésil.

À quoi reconnaît-on le Brutalisme? Au béton bien sûr mais aussi à la brique, à l’acier, au verre et à la pierre grossièrement taillée, à une géométrie qui fait éclater les angles, à l’absence de revêtement et de toute garniture esthétique, au côté massif du bâtiment. Le Centre Pompidou en France appartient au Brutalisme.

Le touriste à Chicoutimi se retrouve donc devant deux extrêmes en matière d’immobilier: la maison pétante de couleurs du peintre Arthur-Villeneuve et l’austère aile Huard du cegep. Tout un écartèlement!

Référence : Wikipedia à l’article français Brutalisme ; Amérique française

Photo : Cégep de Chicoutimi, l’aile Huard Wikipedia adkprodutions

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2 réflexions sur “ Le côté brutal de Chicoutimi ”

  1. « Dans la région de Saguenay, le touriste retrouve aussi les maisons fantômes de Val Jalbert et la petite maison blanche, transformée en musée depuis le glissement majeur à St-Jean Vianney en 1971. »

    Je ne sais pas pour le reste de l’article, mais ce passage n’est pas tout à fait exact… Val-Jalbert est au Lac-Saint-Jean et la petite maison blanche a été transformée en musée après le déluge de 96…

    1. Merci Pipo pour l’information. Vous avez raison: j’ai confondu St-Jean Vianney (1971) et le déluge du Saguenay (1996) concernant la petite maison blanche. Ma mémoire m’a joué un vilain tour. D’ailleurs, Wikipedia mentionne 1996. Et j’ai quand même tapé 1971.
      Concernant les maisons Val-Jalbert, je savais qu’elles étaient au lac St-Jean. Mais dans notre milieu, on renferme le lac St-Jean et le Saguenay dans une même et seule région. Pour dissiper tout malentendu, je vais ajouter le mot Lac St-Jean au mot Saguenay.
      Merci Pipo d’avoir pris deux minutes pour nous écrire. Ce n’est pas tout l’monde qui s’en serait donné la peine. Les fidèles de Casarazzi et Via Capitale vous remercient.

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