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Nous habiterons sur les ponts

L’affirmation est tirée d’un bouquin rassemblant les prédictions d’un comité scientifique français. C’est du sérieux.

Les baby boomers n’habiteront pas sur les ponts. Leurs enfants? Peut-être. Leurs petits-enfants? Sans aucun doute comme le laisse entendre le titre du livre: Les 50 innovations qui vont bouleverser notre vie d’ici 2050.

Ce ne sera pas une première dans l’histoire. Bâtir sur les ponts était pratique courante au Moyen Âge et à la Renaissance. Pensons au pont du Rialto à Venise et au Ponte Vecchio à Florence. Mais il s’agit de petits ponts, pour ne pas dire des passerelles géantes.

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Le bouquin fait plutôt allusion à des ponts de dimension colossale. À titre d’exemple, l’auteur évoque un scénario apocalyptique. Nous sommes en 2044 à San Francisco. Un séisme de 8,6 à l’échelle Richter fait 18 000 morts. Le célèbre Golden Gate Bridge a résisté, mais les fissures sont trop importantes. Il faut le démonter au profit d’un nouveau pont.

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Wikipedia Creative Commons – David Ball

Pour absorber les millions d’êtres humains qui s’ajouteront aux 9 milliards d’habitants sur la Terre, les trois quarts vivant dans les mégapoles, le gouvernement américain décide d’exploiter les ponts.

Le plus gros chantier de l’histoire se met en marche. Hôtels, résidences de luxe, appartements par milliers sont construits sous le pont. Le nouveau pont devient un immense complexe architectural où les gens travaillent, consomment et dorment.

Un nouveau matériau permet cette révolution: la «peau de béton». Léger à l’extrême, tellement mince par endroits (30 millimètres) qu’il laisse filtrer la lumière, le nouveau béton répare ses propres fissures grâce aux micro-bactéries qu’il renferme. Acier, verre et résilles ajourées complètent l’ensemble.

Le pont ne comporte que deux voies au lieu de six à cause de la baisse du trafic routier qu’on limite au maximum. Détail important: les piétons se déplacent sur des tapis roulants. D’autres mégapoles adoptent le concept: New York, Shanghai, Moscou, Tokyo.

Pourquoi habiter sur les ponts alors qu’il reste tant d’espace sur la planète? Risquons deux hypothèses.

Nous sommes à l’aube d’une révolution dans le domaine médical. La réparation de tissus cellulaires va prolonger de façon spectaculaire la vie de l’être humain. Vous croyez que nous vivons très vieux? Vous n’avez rien vu.

Et attention! Les personnes âgées seront en très bonne santé puisqu’il s’agira de cellules neuves. Conséquence: la population terrestre va exploser.

Bien sûr, il reste de nombreux terrains à la campagne, peu importe l’endroit sur le globe. Le hic, c’est que les gens ne veulent pas vivre à la campagne. Au quotidien, du moins. Au Québec, de belles propriétés bien entretenues se vendent 35 000$. Quelle aubaine! Pourquoi sont-elles si peu chères? Parce que personne n’en veut.

En Égypte, les démographes échouent à chiffrer avec précision la population de la capitale du pays: Le Caire. Trop de gens, trop d’arrivées, trop de déplacements. De façon non officielle, la ville aurait dépassé le cap de 20 millions d’habitants.

Malgré le chômage et la misère qui sévissent, les paysans quittent la campagne pour vivre au Caire. Le phénomène s’observe à Sao Paulo, à Djakarta et autres mégapoles.

Des gens vivront-ils sur le pont Champlain? On dit que les travaux de réfection à venir prolongeront la vie du pont de 50 ans. Après, ce sera quoi?

Le livre d’Éric de Riedmatten est un régal. On vogue de surprise en surprise en santé, transport, communication, vie quotidienne. C’est fou comme le monde va changer! Autre prédiction: la construction d’immeubles allongés sur les rivières.

Référence:
Eric de Riedmatten, Les 50 innovations qui vont bouleverser notre vie d’ici 2050, l’Archipel, Paris, 2013, 299 pages.

Photos : iStockphoto LP et Wikipedia Creative Commons par David Ball

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