Décoration, Japon et sexe

Tout a commencé avec un drap et un couvre-lit qu’on nous avait donnés. De la calligraphie japonaise est imprimée sur les deux tissus, en lettres bleues sur le drap beige et en lettres blanches sur le couvre-lit bleu foncé. Je n’ai aucune idée de ce qui est écrit. Mais le look est charmant.

Puis s’est ajouté un paravent qui évoque ceux du Japon. Sobre, de couleur neutre et fait de papier. Le paravent va bien avec le drap et le couvre-lit. On l’a placé juste derrière.

Au dernier Noël, j’ai offert à ma copine un service de saké couleur rouge antique dans un présentoir en bois naturel : quatre petits gobelets et une carafe avec de la calligraphie japonaise gravée sur chacune des pièces. Le kit parfait pour nos repas de sushi. Et côté décoratif, c’est loin d’être laid!

En écrivant le billet Le Japon livré à votre porte (voir section Saviez-vous que…), j’ai regardé autour de moi et je me suis aperçu que notre logement commençait à prendre un air du pays du Soleil Levant. Couvre-lit, paravent, service de saké. Et que nous avions de la calligraphie japonaise à deux endroits.

J’ai imaginé de quoi aurait l’air notre logement si, un jour, on décidait ma copine et moi d’adopter le concept décoratif du Japon traditionnel. Dans une seule pièce par contre!  La chambre à coucher par exemple. J’ai farfouillé sur le Web et voici ce que j’ai trouvé.

Mettons que la pièce est vide et que le blanc s’étale sur les quatre murs et au plafond. Au sol je poserai un tatami. C’est le fameux matelas qu’on voit dans les salles d’arts martiaux. Souple et de couleur neutre. Le matelas traditionnel est bourré de paille de riz. Le contemporain est fait de couches de mousse et de carton superposées.

Le tatami étant de taille moyenne, il en faut plusieurs pour combler une pièce. Donc, je juxtapose plusieurs tatamis sur le sol. Ils ont 5 centimètres d’épaisseur environ. Avant de les fouler, il faut laisser chaussures et chaussettes au vestibule, appelé Genkan au Japon. Les tatamis sont faciles d’entretien. On les époussette régulièrement et on les nettoie avec un chiffon humide une fois de temps en temps. Aucun produit chimique n’est requis. Et ça doit être plutôt doux pour les pieds.

Le soir pour dormir, je déroule un futon sur les tatamis. Le matin, je l’enroule et je le range. Sinon, j’aurai un problème d’humidité. Mon couvre-lit et mon paravent reposeront dans un coin à titre décoratif.

Dans le mur je creuserai un espace pour créer un « Tokonoma », un enfoncement aménagé pour recevoir un objet précieux auquel je tiens comme la prunelle de mes yeux. Si je joue la partie japonaise jusqu’au bout, ce sera un bonsaï. Mieux, un « Ikebana »! C’est une forme d’arrangement floral typiquement japonais, c’est-à-dire sobre et discret. Ou ce sera un « Okimono », une statuette décorative.

Si je reste moi-même, ce sera l’une de mes citations préférées: « Il n’y a qu’un seul luxe, c’est celui des relations humaines » de Saint-Exupéry. Ou la plus belle photo représentant mon fiston. Ou ma vieille machine à écrire Underwood des années 20. Il y aura de la circulation dans mon « Tokonoma ». À chacun son tour dans la niche.

Sur les tatamis j’installerai une table basse chauffante, appelée « Kotatsu », entourée de coussins appelés « Zabutons ». J’ajouterai des vases en céramique, en métal ou en bambou. Des matériaux naturels seulement.

Voilà, ça s’arrête là! L’aménagement est terminé. Pas de poster de Lady Gaga ni de Tiger Woods. J’aurai transformé notre chambre à coucher en un « Washitsu », pièce classique japonaise.

Ben quoi, vous vous attendiez à quoi? Nous sommes au Japon! La culture japonaise se résume à deux mots : sobriété et discrétion. Pas de fla-fla avec eux! Ils sont très discrets les Japonais et Japonaises. Dans certaines toilettes publiques, des sources sonores sont aménagées pour couvrir les bruits non désirés.

Et puis, tout est prêt dans notre chambre pour la fameuse cérémonie du thé japonaise qui exige des années de préparation. Un thé comme prélude sexuel, c’est chaudement recommandé! Le saké ne doit pas être mauvais non plus. Mais ça, c’est une autre histoire.

Oh, j’y pense, les tatamis! Mous et souples!  Ils sont justement conçus pour faciliter les prises de position et amortir les parties du corps qui…..bon, je m’arrête avant qu’il ne soit trop tard.

Sayonara!

Première photo : Un kotatsu (table basse) à l’avant-plan; au fond, un tokonoma. On voit les tatamis au sol.

Deuxième photo: un exemple d’ikebana.

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