Un centre culturel unique au monde (1)

Tacheles (avant) Casarazzi
Tacheles (avant) Casarazzi

Vous serez peut-être portés à taxer l’édifice de «hangar sans importance» ou de «coin pour fumeurs de dope» en jetant un coup d’œil aux photos. Abstenez-vous par contre et lisez le billet d’aujourd’hui et celui de demain avant de porter un jugement expéditif. Sachez que je vous comprends. La tentation est forte.

Nous étions prêts. Isabel Kreitz et Cécile Calla, auteures du guide Berlin itinéraires, nous avaient prévenus : le centre culturel sort de l’ordinaire. Il appartient à l’univers alternatif dans le domaine des arts.  Bref, c’est un centre «underground». Rien à voir avec des lieux de diffusion comme la Maison des arts à Laval, les maisons de la culture à Montréal  ou le Centre culturel de Beloeil. 

Dans leur livre, Isabel et Cécile qualifiaient  l’édifice du «squat artistique le plus célèbre au monde.» Raison de plus pour nous d’aller voir de près.

Tacheles (côté) Casarazzi
Tacheles (côté) Casarazzi

Nous étions prêts, mais nous ne l’étions pas. Difficile de décrire la façade de devant. Un mélange d’anarchie et de douce horreur doublé d’un côté sombre. Sur la façade latérale, ma conjointe a pris une coquerelle géante en photo.  La cour arrière était comme pêle-mêle, truffée d’objets et de sculptures bizarres. Était-ce choquant? Non. De mauvais goût? Non. Intrigant? Très.

Nous n’avons pu mettre les pieds à l’intérieur. Nous aurions bien aimé car toutes les surfaces sont couvertes de graffitis artistiques, de dessins, de fresques alternatives. Escaliers inclus. La vocation des locaux est multiple: galeries d’arts, ateliers, cinéma, bar.

Tacheles 3 CASARAZZI inusite
Tacheles (arrière) Casarazzi

Le centre culturel s’appelle Kunsthaus Tacheles. Le premier mot signifie centre culturel en allemand; le deuxième est un mot yiddish qui veut dire «parler franchement et ouvertement».

Vous ne prenez pas l’immeuble au sérieux? Vous avez tort. L’édifice est reconnu par des experts internationaux. Il figure notamment dans le collectif, La ville des créateurs, où il côtoie des immeubles contemporains prestigieux  de Birmingham, Lyon et autres villes européennes. Trop laid pour le montrer? Détrompez-vous, le collectif lui consacre trois photos.

Aux yeux des experts internationaux, le centre Tacheles est un exemple parfait de l’exploitation, par des créatifs, de vieux bâtiments industriels quasi laissés à l’abandon. Ils soutiennent que cet icône de la culture underground de Berlin  a relancé un vieux quartier qui est devenu le centre artistique de la ville, du moins pendant quelques années.

Exceptionnellement, nous publierons six photos de l’édifice provenant de trois sources différentes : nos photos de voyage, Wikipedia et une agence de photo iStockphoto LP. Aujourd’hui, ce sont nos trois photos.

L’histoire de l’immeuble est palpitante. Voici des mots pour vous mettre l’eau à la bouche. Magasin, nazisme, la chute du Mur de Berlin, squat. On vous la raconte demain.

Références :
La ville des créateurs, The city of creators collectif sous la direction de Jean-Jacques Terrin, éditions Parenthèses, Marseille, 2012, 247 pages

Berlin itinéraires, Isabelle Kreitz et Cécile Calla, Casterman, Lonely Planet, 2012, 175 page

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