Des bulles d’air en guise de peau

C’est le centre de natation le plus grand du monde, mais là n’est pas l’intérêt.  Plutôt fade le jour, le bâtiment se colore d’un bleu merveilleux la nuit. Voir la lune se refléter sur ce bleu de glace est en soi un spectacle, dit-on. C’est déjà suffisant pour considérer le bâtiment comme étant inusité, mais il y a plus.

Ce que vous avez sous les yeux appartient à une révolution en pleine accélération dans le domaine de la physique des bâtiments. Le pavillon américain d’Expo 67 à Montréal, aujourd’hui appelée la Biosphère, était un premier pas timide, tout comme la fameuse maison sur la cascade, œuvre de l’architecte américain Frank Lloyd Wright.

La révolution est celle de l’architecture organique. Le principe est simple: bâtir en s’inspirant des organes des êtres animés et de la nature en général. Cette révolution surfe sur les récentes découvertes scientifiques touchant les nanofibres, les textiles intelligents, les dérivés du plastique et autres matériaux.

iStockphoto LP
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Construit en vue des Jeux olympiques de 2008, le Centre national de natation de Pékin, également appelé Water Cube, bénéficie d’un revêtement extérieur qui, avec ses 3000 bulles d’air, imite en grande partie le fonctionnement de la peau de l’être humain.  L’exploitation du côté sensuel de la peau et de sa fonction autorégulatrice en matière de température et de pression est de plus en plus populaire auprès des architectes.

Ayant terminé de monter la structure de métal du Water Cube, les ouvriers ont mis quatre mois à y accrocher les 3000 bulles d’air en plastique de différentes grandeurs sur une surface de 100 000 mètres carrés. Puis, ils ont recouvert le tout d’une membrane transparente composée d’un matériau révolutionnaire: l’éthylène-tétrafluoroéthylène, appelé également ETFE.

Le Water Cube  est considéré, avec raison, comme un immeuble hautement écologique puisqu’il produit sa propre électricité et recycle les eaux de pluie. La membrane transparente permet de diminuer d’un tiers la consommation d’énergie.

Pour les amateurs de constructions pharaoniques, soulignons que le Water Cube  offre 17 000 places, soit 4000 places de moins seulement que le Centre Bell.  Rappelons-le : c’est un complexe aquatique, rien à voir avec un sport national. Le Water Cube n’est ni plus ni moins qu’un stade. Il a coûté entre 100 à 150 millions d’euros au Parti communiste chinois.

La superficie du bâtiment est de 80 000 mètres carrés. L’arête est d’une longueur de 177 mètres sur 30 mètres de hauteur. Le design a été conçu par l’entreprise australienne PTW et l’entreprise britannique Arup.

Les Jeux olympiques terminés, les Chinois ont supprimé 11 000 places. Par la suite, le bâtiment est devenu un centre de loisirs aquatiques, le plus gros de l’Asie.

Une menace pèse par contre sur le Water Cube. L’énorme pollution qui accable Pékin jour après jour dépose régulièrement de la poussière sur le bâtiment. Les Chinois ne sachant plus comment reprendre le contrôle de la situation, on craint pour la luminosité de l’édifice.

Les amateurs de sports savent que c’est dans le Water Cube que le nageur américain Michael Phelps a battu le record de médailles d’or dans le cadre d’une olympiade. Un total de huit médailles dont sept records du monde en natation.

 

Références :

Wikipedia français à l’article Water Cube

La Chine de Pékin à Hong Kong, Guides bleus, Hachette tourisme, 2010, 959 pages

La Chine, Le petit futé Country Guides, 2010, 785 pages

Photo : iStockphoto LP

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