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Acheteurs de l’étranger: on reste calme

La Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) tient à rassurer les acteurs de l’univers immobilier: propriétaires, futurs propriétaires, courtiers et autres. Il n’y aura pas d’impact majeur Québec, à court terme du moins, malgré la taxe imposée aux investisseurs étrangers en Ontario.

Le gouvernement ontarien annonçait récemment l’imposition d’une taxe de 15%, comme à Vancouver l’été dernier, sur les achats de propriété par des étrangers effectués sur son territoire.

Le réflexe logique de ces investisseurs serait  de se tourner vers Montréal, ce qui gonflerait rapidement le prix des propriétés, au détriment des acheteurs locaux. La Presse rapportait récemment que des investisseurs chinois sont déjà actifs, à Ville Mont-Royal et à Westmount entre autres.

La FCIQ indique que, selon la Société canadienne d’hypothèque et de logement, le pourcentage d’acheteurs étrangers est de 1,5% à Montréal, comparativement à 9,7% à Vancouver, selon le gouvernement de la Colombie-Britannique, et à 4,9% à Toronto, selon le Toronto Real Estate Board. Ces deux villes tentent de garder leur marché équilibré devant l’assaut massif d’investisseurs étrangers. Un déséquilibre poussé peut conduire à un krach immobilier si le marché est laissé à lui-même.

« L’activité des acheteurs étrangers dans la région montréalaise pourrait avoir une incidence à la hausse sur les prix des propriétés dans certains quartiers centraux, où ils ont tendance à  concentrer leurs achats. Toutefois, l’impact serait limité étant donné que les conditions du marché immobilier montréalais sont bien différentes de celles observées récemment à Toronto ou à Vancouver », explique Paul Cardinal, directeur, analyse du marché, à la FCIQ.
La maison unifamiliale dans certains quartiers centraux de Montréal et la copropriété dans le centre-ville feraient saliver les investisseurs étrangers, précise la FCIQ.

L’idée d’une surchauffe du marché montréalais est par contre écartée par la FCIQ en raison d’une hausse de  prix raisonnable au cours des dernières années: de 279 000 $ à 295 000 $ entre 2013 et 2016 pour le prix médian de l’unifamiliale, de 227 000 $ à 240 000 $ pour la copropriété au cours de la même période.

Autre argument de la FCIQ: l’équilibre entre l’offre et la demande, peu importe le mode de propriété.  «Nous sommes loin de la pénurie de logements, que l’on regarde du côté du marché de la revente, du marché du neuf ou du marché locatif, affirme M. Cardinal. Dans ce contexte, il est difficile d’envisager une flambée des prix comme à Toronto. »

Le bond que connaît l’économie montréalaise et la recherche de travailleurs qualifiés (NDLR: le secteur des jeux vidéo par exemple) attirent par contre beaucoup de résidents non permanents. Le taux de chômage est bas à 6,6%, rappelle la FCIQ. Sans compter que Montréal a été désignée la meilleure ville universitaire au monde, détrônant Paris.

Photo: istock.com

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