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La revanche de la chaux

Les agriculteurs la connaissent bien. Ils la répandent sur les murs de l’étable et autres bâtiments pour tuer les bactéries. Au Québec, on l’utilisait jadis à des fins décoratives. Supplantée un jour par le ciment, la chaux revient en force à cause de son pouvoir écologique.

La chaux tire son existence des roches calcaires. Comme celles-ci forment environ 20% de la croûte terrestre, le risque d’épuisement est minime. Si la chaux retournait à la terre après utilisation, l’impact sur l’environnement serait nul. C’est un matériau naturel, peu cher et ayant une durée de vie très longue.

La chaux est le matériau idéal pour protéger une maison contre l’humidité. Appliquée sur les murs extérieurs, elle forme un bouclier contre lequel viennent s’abattre les pluies torrentielles, le gel et autres intempéries érosives. À l’intérieur, elle absorbe la moindre trace de vapeur et l’évacue aussitôt. Elle laisse le mur respirer, ce qui réduit à néant le risque de moisissures. La chaux est un puissant désinfectant. Le ciment traditionnel, au contraire, retient l’humidité, ce qui augmente le coût du chauffage.

Très élastique, la chaux absorbe les mouvements mécaniques, ce qui met les murs à l’abri des fissures. Elle ne génère aucun composé organique volatil (COV). Elle contribue à garder la chaleur à l’intérieur de la maison.

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Mortier destiné à protéger ou à décorer un mur, l’enduit de chaux se durcit une fois appliqué. Pour créer un effet décoratif, on inclue du chanvre dans le mélange pour obtenir une texture esthétique, ou de la poudre de marbre qui donnera un aspect velouté.

La peinture à chaux (ou lait de chaux) s’obtient à partir de pigments colorés. La palette de couleurs a de quoi ensoleiller les journées les plus sombres. La peinture à chaux est ancrée dans le temps en Europe. Elle remonte à plusieurs siècles. Comme l’utilisation de la chaux, d’ailleurs, qui se perd dans la nuit des temps.

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Malgré tous ses atouts, la chaux ne figure pas au sommet des matériaux écologiques, comme le bois, la pierre, le chanvre, la paille ou la terre. Sa fabrication est très énergivore puisqu’elle implique un processus de transformation exigeant de très hautes températures.

Autre bémol: certaines personnes supportent difficilement la forte dose d’alcalin que renferme la chaux. Il est donc préférable de faire un test avant d’adopter la chaux à l’intérieur.

Reste que les nombreuses qualités de la chaux en font un matériau écologique qui gagnera en popularité.

Références
Bricoler sain pour mieux vivre chez soi, Marcel Guedj, Fleurus, 2009, 253 pages

Habitat sain et écologique, Ginette Dupuy, Les Éditions Quebecor, 2011, 295 pages

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