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Pression sur les taux d’intérêt

Plus le temps passe, plus les nouvelles économiques laissent présager que la hausse des taux d’intérêt n’est pas temporaire. Au contraire, elle semble vouloir prendre son élan.

L’économie canadienne tourne tellement bien que certains experts s’attendent à ce qu’elle le fasse au-delà de ses capacités quelque part en 2018. Or, nous entrons dans le dernier trimestre de 2017. Habituellement, quand l’économie roule à fond, les taux d’intérêt tendent à remonter afin d’empêcher l’inflation de monter en flèche. Actuellement, la croissance économique canadienne est qualifiée…

…d’exceptionnelle.

Au mois d’août, le taux d’inflation au Canada est passé de 1,2 à 1,4 % sur une base annuelle. Il se rapproche  du taux cible de 2 % de la Banque du Canada. Cela veut dire que si l’inflation atteint le taux cible, les taux d’intérêt risquent de bouger davantage. De plus, les entreprises projettent d’accorder des hausses de salaires de 2,5% en moyenne en 2018, ce qui augmentera le pouvoir d’achat des Canadiens.

Récemment, on apprenait que la dette des ménages canadiens comparativement à leur revenu disponible était passée de 166,6 % au premier trimestre à 167,8 % au deuxième trimestre. En d’autres termes, la dette des ménages a augmenté plus vite que les revenus. La hausse des ménages canadiens est un sujet dont se préoccupe la Banque du Canada.

Il y a un autre facteur de pression à la hausse, comme l’explique l’économiste Pierre Fortin dans l’édition d’août 2017 du magazine Actualité. En temps de récession, la Banque du Canada diminue les taux d’intérêt afin de relancer l’économie et l’emploi. Or, le taux d’intérêt actuel est si bas que si jamais une récession se pointait le bout du nez, la Banque du Canada ne pourrait pas utiliser sa politique monétaire pour relancer l’économie. De nombreux analystes ont hâte de voir les taux remonter à 4 et 5%, car la baisse moyenne des taux d’intérêt en temps de récession tourne autour de 5%.

Reste que, comme le souligne M. Fortin, plusieurs analystes voient difficilement le taux directeur remonter à 2% dans un avenir rapproché.

Avery Shenfeld, économiste en chef à Marchés des capitaux CIBC et coauteur du rapport Une correction du prix des maisons serait-elle néfaste ou bénéfique?, publié par CIBC le printemps dernier, déclarait dans un communiqué de presse : « Une hausse de 2 % des taux hypothécaires aurait des conséquences relativement faibles, si l’on se fie aux précédents cycles de resserrement, mais cela entraînerait une hausse d’environ 25 % des versements mensuels pour un prêt hypothécaire ordinaire de 5 ans. »

Pour terminer, le sondage annuel mené par l’Association canadienne de la paie auprès des employés canadiens révélait dernièrement que la hausse éventuelle des taux d’intérêt était l’un des sujets d’inquiétude des Canadiens.

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