Le couple face à la propriété

Habituellement, les décisions concernant la gestion d’une propriété se prennent à deux dans un couple. C’est souvent difficile. Surtout avec la hausse des taux d’intérêt et le resserrement de l’accès au financement hypothécaire. Un désaccord éclate, le ton monte, la dispute n’est pas loin.

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Apprenez à les gérer. Voici des pistes de solution.

Il faut choisir le moment propice pour échanger, où les deux, reposés et non tendus, sont prédisposés à se montrer ouverts, curieux et flexibles. Toujours se rappeler que les deux conjoints ont une bonne intention. Soyez bien prédisposés, un peu comme si vous êtes sur le point de revoir une personne envers qui vous avez beaucoup d’affection, après une longue absence.
L’un des conjoints montre plus d’anxiété que l’autre sur un aspect. C’est une différence que le conjoint plus calme doit reconnaître et accepter avec empathie. Il gagne à laisser l’autre exprimer son stress. 
On évite de tomber dans le jeu qui a tort qui a raison. On peut comprendre l’autre sans nécessairement être d’accord. Au lieu de dire : « C’est ridicule ce que tu dis! Complètement illogique!», optez pour : « Intéressant ce que tu dis, et à la limite tentant, mais… » 
Dès le départ, il faut nommer les choses par leur nom. C’est-à-dire, les faits. Il importe de ne pas confondre les impressions avec les faits. On dépose au centre de la table le problème à discuter. Cela peut se faire sur un papier, à un écran ou à un tableau. Le but est d’être assis côte à côte comme des co-créateurs, des coéquipiers ayant le même objectif et conscients que les forces de chacun, au lieu de s’opposer, sont complémentaires.
Dire les faits sans attaquer le conjoint. Évitez les: «T’es malade! T’es pas réaliste! Tu me fais capoter! T’es pas responsable! Tu ne penses pas à tout! Tu vois trop petit! Tu stresses pour rien! Toujours moi qui pense à tout! » Il est préférable de dire: « Quand les paiements d’hypothèque représentent plus de 40 % de notre revenu, c’est stressant pour moi, je me sens coincé(e),… c’est un poids de plus sur mes épaules. En bas de 30 %, ce serait plus confortable et plus facile pour moi de faire face à une augmentation du taux hypothécaire ou à des imprévus. Tout comme toi, j’ai bien envie d’avoir notre chez-nous à nous, mais pas à n’importe quel prix. L’important est qu’on soit bien et qu’on ait du plaisir à y vivre ensemble. C’est le but non? Qu’en dis-tu? »  
On écoute l’autre avec attention et curiosité, jusqu’au bout, sans préparer sa propre réponse. Au besoin, si la tension monte en nous, mine de rien, on note le sujet et on y revient plus tard. Si la moutarde vous monte au nez, on respire par le nez et on se dit que l’autre fait de son mieux. 
Si un briseur de lien se manifeste: l’envie de blâmer l’autre ou de se blâmer, la colère qui monte, l’anxiété qui prend le dessus, on fait une pause pour prendre un recul. On demande à l’autre ce qui est important pour lui ou elle dans ce point de friction.
Si un conjoint fait face à un imprévu financier important, l’autre doit éviter de paniquer. De toute façon, c’est une réaction qui n’apporte rien de concret. On s’assoit, on discute et, au besoin, on consulte le conseiller financier.
Il est nécessaire d’affronter les problèmes financiers au lieu de les ignorer. Reporter la discussion ne fait qu’augmenter le stress. Plus tard, il faudra davantage d’énergie et de temps pour les régler.
L’endettement déraisonnable affecte souvent la santé mentale. C’est prouvé scientifiquement. C’est vers soi qu’il faut tourner le regard critique, non vers le conjoint.  
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