Un contrôle des loyers est réclamé

Fallait s’y attendre! Les associations de propriétaires réclament uneaugmentation substantielle des taux de loyers, mais le son de cloche est biendifférent du côté des associations de défense des locataires. Pour elle, lemessage est clair : il faut geler les taux.

« Les loyers ont déjà trop augmenté à la faveur de lapénurie de logements locatifs des dix dernières années. Il faut contester leshausses! » lance le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagementurbain, François Saillant.

Il demande aux locataires de ne pas se gêner si jamais l’augmentation leurparaît exagérée. Ils doivent la contester. Il leur rappelle aussi que la loileur permet de refuser les augmentations de loyer. Les propriétaires n’ont pasle droit de les expulser. Dans le doute, les locataires peuvent aller chercherde l’aide auprès d’un comité logement ou d’une association de locataires.

Le FRAPRU se sert de statistiques de laSociété canadienne d’hypothèques et de logement pour étoffer son argumentation.« Le coût moyen des logements de deux chambres à coucher a augmenté de 34,5% à l’échelle du Québec depuis 2000. Dans la région métropolitaine de Montréaloù se concentrent 56 % des ménages locataires du Québec, le loyer moyen est de37 % plus élevé qu’il y a dix ans. À titre de comparaison, la rémunérationhebdomadaire moyenne a augmenté de 27 % au Québec durant la même période. Quantaux prestations de base à l’aide sociale, elles n’ont augmenté que de 18 %, cequi est inférieur à l’évolution de l’Indice des prix à la consommation(IPC) » lit-on dans le communiqué de presse.

« De plus, la SCHL évalue qu’en2009 seulement, le coût moyen des loyers a augmenté de 3,0 % au Québec, même enexcluant les logements nouvellement construits. À Montréal, la hausse a été de3,4 %. » ajoute-t-on. « Selon le FRAPRU, une telle augmentation ducoût du logement a aggravé les problèmes d’incapacité de payer vécus par unepartie significative des locataires. Ainsi, en l’espace de dix ans, le nombrede causes introduites ou relancées à la Régie du logement pour non-paiement deloyer est passé de 39 942 à 46 315, ce qui représente une augmentation de 16 %.Le danger d’éviction des locataires a crû d’autant, avec tous les dramespersonnels qui y sont reliés. »

Du côté du Regroupement des comitéslogement et association de locataires du Québec (RCLALQ), on demande auxlocataires de bien comparer leur hausse de loyer aux taux publiés par la Régiedu logement.

« La raison d’être du contrôle des loyers est deprotéger les locataires contre des augmentations abusives mais soncaractère optionnel en annule son efficacité » déplore France Emond,porte-parole du Regroupement.

L’organisme exige un contrôle universel et obligatoiredes loyers, appuyé par un registre des baux.

« Outre le taux d’ajustement de la Régie (0,5 % pour un logement nonchauffé, 0,6% pour un logement chauffé à l’électricité, 0,6% pour un logementchauffé au gaz, 2,7% pour un logement chauffé au mazout), les locatairesdoivent connaître la variation des taxes foncières et le montant desréparations effectuées dans le logement et/ou l’immeuble pour être en mesured’évaluer avec plus de précision le caractère abusif ou non de l’augmentation.Rappelons que les locataires disposent d’un mois après la réception de l’avisdu propriétaire pour refuser une augmentation de loyer ou toute autre modificationau bail. Il est dommage que les ménages dont le logement est chauffé au mazoutsubiront une forte hausse de loyer alors que ces ménages n’ont pas bénéficiéd’une baisse de loyer l’an dernier. » avance le RCLALQ qui soutient queles propriétaires s’enrichissent tandis que les locataires s’appauvrissent.

Pour plus d’info: www.rclalq.qc.ca.

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