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Le marché locatif se porte très bien. C’est la conclusion de l’étude « L’aide au logement au Québec » menée par les auteurs Mathieu Laberge et Claude Montmarquette.

N’en déplaise aux associations de propriétaires et de locataires qui réclament des réformes, tout le monde trouve son compte actuellement en matière de logement au Québec.

Les auteurs ne partagent pas le pessimisme des associations de défense des locataires selon lesquelles il n’y a pas assez de logements abordables au Québec. Construire des logements sociaux en quantité industrielle n’est pas une solution.    

« La comparaison entre le Québec et les Pays-Bas est évocatrice, lit-on dans le communiqué de presse. En effet, la proportion de logements sociaux par rapport à l’ensemble du parc immobilier était huit fois plus importante aux Pays-Bas qu’au Québec en 2003. Néanmoins, le loyer moyen à Montréal était de 680 $ par mois alors qu’il était de 3000 $ à Amsterdam. »

Les auteurs de l’étude croient que l’offre de logements abordables épouse bien les besoins du marché.

« En 2008, les sommes consacrées aux huit programmes d’aide au logement considérés dans le rapport étaient supérieures à 800 millions $ (dollars constants). Depuis 1996, le montant dédié aux programmes d’aide au logement a crû à un rythme annuel moyen de 5,8 % en termes réels » lit-on dans le communiqué.

Aux associations de propriétaires, les auteurs de l’étude répliquent que « l’aide à la pierre », même si elle se révèle plus efficace que l’aide financière accordée aux locataires, renferme des limites.  

« Les expériences internationales montrent qu’il est préférable de soutenir l’offre de logements abordables en finançant leur construction plutôt que de verser directement un soutien financier aux ménages à faibles revenus », écrit-on dans le communiqué. « En effet, les subventions ainsi versées accroissent la demande pour des logements abordables sur le marché locatif privé, ce qui peut occasionner une hausse des loyers. Le cas échéant, une part importante de la subvention est absorbée par cette hausse et les ménages en bénéficiant ne peuvent améliorer leur situation de logement.

« La différence importante des loyers entre le secteur locatif privé et celui des logements sociaux fait en sorte d’accroître la demande pour ces derniers. Il en résulte une impression de pénurie persistante. La hausse des taux d’inoccupation, les bas loyers et l’aide diversifiée portent à croire qu’il existe un bon équilibre entre le marché locatif privé, l’aide financière au logement et l’aide à la pierre au Québec. Il faut éviter de compromettre cet équilibre en ayant une approche mur-à-mur de l’aide au logement. »

L’étude intégrale est accessible au

http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2010RP-09.pdf

 

 

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