T’appelles ça une maison?

J’ai vu un type récemment qui m’a raconté une bien drôle d’histoire. C’est à vérifier, bien entendu, mais je suis porté à croire qu’il disait la vérité.

Il y a plusieurs années, l’homme a fait un voyage aux Philippines. Il a épousé une femme de là-bas qui a accepté de venir s’installer avec lui au Canada. L’avait-il rencontrée au Québec avant son départ, d’où le voyage? L’avait-il rencontrée là-bas? Je l’ignore.

Le couple vit depuis dans la région de Montréal, mais possède une résidence aux Philippines. L’homme va donc régulièrement dans ce pays d’Asie. Bref, il connaît les Philippines beaucoup mieux que vous et moi. Il adore les Philippins. Il ne tarissait pas d’éloges à leur endroit.  

Les Philippines, c’est un pays pauvre. Il y a deux semaines à peine, l’organisme Save the Children affirmait dans un rapport qu’un enfant sur trois de moins de cinq ans souffre de retards de croissance aux Philippines. Ce qui signifie que le pays n’arrive pas à nourrir tous ses enfants. Plus d’un million d’enfants peuvent passer une journée sans manger. Le gouvernement philippin reconnaît d’ailleurs qu’une famille sur dix survit dans une pauvreté extrême, a-t-on lu à lapresse.ca

Depuis très longtemps, des milliers de femmes des Philippines émigrent pour aller gagner de l’argent à l’étranger qu’elles envoient à leurs familles: mari, enfants, parents, sœurs, frères. Faut bien boucler le budget.

Une fois à l’étranger, elles deviennent femmes de ménage, nourrices, ouvrières. Elles sont réputées pour être extrêmement honnêtes et compétentes. C’est pourquoi on les voit partout dans l’hémisphère sud: Hawaï, les pays du Golfe, le Japon, la Malaisie, l’Australie, l’Amérique du Sud, le sud de l’Afrique. On les voit même en Europe et en Amérique du Nord.

Comme elles vivent parfois plusieurs années à l’étranger, elles finissent par s’enraciner. Elles prennent les habitudes du pays. Et c’est ici que commence l’histoire du type dont je parlais plus haut.

Il me racontait que, souvent, les maris de ces femmes, grâce à l’argent gagné à l’étranger, réussissent à acheter une maison convenable ou à la construire de leurs propres mains.

iStockphoto
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Lorsque les femmes reviennent, c’est le choc. Elles se retrouvent souvent devant une maison très rudimentaire. N’oubliez pas que ces femmes sont habituées à vivre dans des résidences de luxe à l’étranger. Elles vivent dans des familles très riches.

Plusieurs d’entre elles finissent par renoncer à la petite maison de leurs maris. Et c’est le drame! Certaines repartent pour ne jamais revenir.

Sont-elles nombreuses? Le type m’expliquait qu’elles l’étaient suffisamment pour que le gouvernement se penche sur le problème. L’affaire commence à prendre des proportions nationales.

Quand on sait que les Philippines, c’est un pays férocement catholique, je n’ose imaginer les discussions endiablées qui doivent se dérouler entre la femme, le mari, les familles et le prêtre de la paroisse.

Photos: iStock.com

 

 

 

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