Squats à Montréal et à Vancouver

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Photo symbolique de Montréal (iStockphoto LP)

Au milieu des années 80, deux promoteurs immobiliers achètent un groupe d’immeubles à logements dans le district Overdale, soit entre Overdale Avenue, Lucien L’Allier,  Mackay Street et le boulevard Dorchester. Les deux hommes proposent de détruire les habitations afin de construire un ensemble de copropriétés représentant un investissement de 100 millions de dollars.

Le projet reçoit l’aval du conseil municipal. Un total de 87 locataires seront expulsés. Dans le quadrilatère figure une maison où a vécu Louis-Hippolyte Lafontaine.

Les locataires et des experts soutiennent que les condos peuvent très bien se construire sans démolir les immeubles. À leurs yeux, il y a suffisamment d’espace. On repousse la suggestion.

Les deux promoteurs proposent de construire un nouvel immeuble, un peu plus loin du centre-ville, pour héberger les locataires évincés. Le hic est que le loyer est beaucoup plus élevé.

Les tractations durent des années. Les négociations sont ardues entre les locataires et la Ville. Puis, des divisions apparaissent au sein du Conseil municipal.

Les travaux de démolition débutent même si les baux de certains locataires n’ont toujours pas expiré. Six personnes tentent d’empêcher les travailleurs. Elles sont arrêtées et passeront une journée en prison.

À un moment donné, les locataires les plus récalcitrants se barricadent dans leurs propres logements. L’équipe SWAT et d’autres policiers évacuent les locataires de force. Certains parmi ces derniers se retrouvent derrière les barreaux.

Or, les copropriétés n’ont jamais été construites. L’espace est occupé aujourd’hui par un parc de stationnement.

Toujours selon Wikipedia, un squat aussi célèbre s’est déroulé à Vancouver en 1990. Six immeubles côte à côte ont été squattés pendant neuf mois.

Un beau jour, une centaine de policiers ont expulsé les squatteurs. Douze des squatteurs font face à des accusations au criminel.

Deux jours plus tard, le conseil municipal de Vancouver optait pour la démolition des immeubles.

Un communiqué de presse diffusé par les squatteurs de Vancouver résume assez bien leur motivation. Ils évoquent la hausse vertigineuse des loyers qu’ils jugent arbitraire qu’ils dénoncent en squattant des espaces laissés vacants. Pourquoi vacants? Parce que les promoteurs immobiliers n’arrivent pas à les louer, le loyer étant trop élevé. S’abriter sous un toit n’est pas un luxe, mais un droit, de clamer les squatteurs. Bref, Vancouver semblait vivre une crise du logement à l’époque.

Les squatteurs organisaient des activités sociales: cuisine communautaire, barbecues, jardinage afin de créer des liens avec les voisins pour créer une véritable communauté. Leur but: prouver leur bonne foi et susciter le doute chez les autorités municipales. Un film a été réalisé sur l’événement: The Beat of Frances Street.

Cela termine notre série sur le phénomène des squats.

Références:
Wikipedia anglais à l’article Overdale.
Wikipedia anglais à l’article Frances Street Squat

Photo : iStockphoto LP

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