« German Bunker 1916 » Photo Ernest Brooks sur Wikipedia.

Se loger dans une guitoune

Des tranchées de la Première Guerre mondiale de 1914-1918, dont on soulignait le centième anniversaire il y a deux jours, on a tous l’image d’hommes vivant sous des abris rudimentaires, pataugeant dans la boue et vivant misérablement en attendant une mort presque certaine.

Le commun des soldats vivait parfois sous des abris plus sophistiqués mais c’était plutôt rare. Dans l’argot militaire, il s’abritait dans une guitoune (mot arabe maghrébin) qui n’est ni plus ni moins qu’une tente de campement ou un abri de tranchée. Ces abris de fortune étaient aussi appelés des «cagna» (maison dans le sens étymologique) ou des «gourbis».

Les soldats allemands, semble-t-il, vivaient dans ce qui ressemblait vaguement à un logement. L’armée allemande construisait des tranchées mieux structurées que celle des Alliés.

En fait, beaucoup officiers allemands et même des soldats vivaient dans des abris en béton armé qu’on appelait Blockhaus. Certains comprenaient des réservoirs d’eau, de l’électricité, des cuisines et parfois des tapis.

Tranchée des Français. Photo Paul Castelneau, Wikipedia
Tranchée des Français. Photo Paul Castelneau, Wikipedia

Si on utilise la formule du dénominateur commun et que l’on construit un scénario, on arrive à ceci. Peu importe la nationalité, le soldat moyen se levait de son lit de fortune, un lit superposé, s’habillait, mangeait un morceau et s’installait au besoin devant un miroir pour se raser.

Il empruntait l’escalier, repérait le journal des tranchées et lisait ce qui l’intéressait. Si les circonstances le permettaient, il se dirigeait vers l’atelier à travers le réseau des tranchées, saisissait les outils de fortune et fabriquait différents objets artisanaux : bagues, broches, colliers, boucles d’oreilles, ou des accessoires décoratifs comme nous l’avons déjà mentionné dans la section décoration sous le titre : Un pied de lampe qui vaut de l’or.

S’il est un bon cuisinier ou un professionnel, peut-être rédigera-t-il un article pour l’un des journaux des tranchées? Certains jours, le soldat moyen recevait la visite du barbier faisant sa tournée.

Comme en témoigne la première photo, certains officiers vivaient carrément dans de petits logements aménagés spécialement pour eux. Ils jouissaient du confort minimum. Le lit comprenait un paillasson ou un matelas fin. Certains soldats de haut rang y avaient droit également.

Souvenons-vous que la Grande Guerre fut une guerre statique, une guerre de positions. Il fut une période où les tranchées bougeaient à peine. Parti en permission, le soldat et l’officier retrouvait le même environnement à son retour.

Références:

  • Les 100 mots de la Grande Guerre, André Loez, Que sais-je? Presses universitaire de France, Paris, 2013, 127 pages.
  • 1914-1918 journal des Français, l’histoire racontée au jour le jour, Philippe Faverjon, éditeur Acropole,2013, 320 pages.
  • Wikipedia français à l’article Guerre des tranchées
  • Wikipedia français à l’article L’Écho des gourbis
  • Larousse : Guitoune

Photos :

Wikipedia, Ernest Brooks (German bunker) et Paul Castelneau (soldat seul dans la tranchée)

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