Sa mère avait raison

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Si vous avez vu le film Wild du cinéaste québécois Jean-Marc Vallée avec comme vedette Reese Witherspoon, vous connaissez l’histoire.

Sinon, je vous fais un résumé. Cela vaut la peine car l’histoire montre que ce n’est pas la grandeur ni le luxe de la résidence qui crée des liens entre les membres d’une famille, mais bien ce qui se vit à l’intérieur.

Le film Wild se base sur un roman de l’auteure américaine Cheryl Strayed. Il s’agit d’une histoire personnelle. L’auteure a profondément aimé sa mère qui a vécu une relation difficile avec son premier mari qui la battait à l’occasion.

Sa mère a recommencé à vivre avec un autre homme et ses trois enfants, mais ils sont plutôt pauvres. Ils décident de défricher un espace dans un coin où il n’y a jamais eu de maison. Le terrain de 16 hectares comprend marais, étangs, herbes.

Cheryl Strayed raconte cet épisode de sa vie qui la liera à jamais à sa mère:

«Nous appelions la propriété «le Nord» et vivions toujours près de Minneapolis. Pendant six mois, nous étions montés au Nord tous les week-ends pour travailler d’arrache-pied à rendre l’endroit habitable et à construire une cabane en papier goudronné où nous pourrions nous entasser tous les cinq. Au début du mois de juin, alors que j’avais treize ans, nous nous étions installés dans le Nord pour de bon. Nous, c’est-à-dire ma mère, Leif (frère), Karen (sœur) et moi avec nos deux chevaux, nos chats et nos chiens […] un été pratiquement seuls en famille avant la rentrée scolaire à jouer et à construire la maison […] corvées quotidiennes, pas de frigo mais une glacière, pas de cuisinière mais un réchaud à gaz.

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«Karen et moi partagions un lit sur une mezzanine construite si près du plafond qu’on y tenait à peine assises. Leif dormait à quelques mètres de là sur une autre plateforme, et notre mère par terre, sur un matelas où Eddie la rejoignait le week-end. Chaque soir nous discutions jusqu’à tomber de sommeil, comme dans une soirée pyjama. Une fenêtre découpée dans le plafond parcourait toute la longueur de notre mezzanine; la vitre n’était qu’à quelques dizaines de centimètres de nos visages. La nuit, le ciel noir et les étoiles me tenaient compagnie. Parfois, frappée par leur beauté et leur solennité, je prenais soudain conscience que ma mère disait vrai: un jour, nous la remercierons pour ça. Je lui étais déjà reconnaissante pour ces sentiments forts et authentiques que je sentais naître en moi. Ces sentiments dont je me souviendrai des années plus tard, lorsque ma vie partirait à vau-l’eau à force de chagrin.

«Le soir de l’Halloween, nous nous étions installés dans la maison neuve fabriquée avec nos arbres et des chutes de bois. Il n’y avait ni électricité, ni eau courante, ni téléphone, ni toilettes, ni même une seule pièce fermée par une porte. Pendant toute mon adolescence, Eddie et ma mère avaient travaillé à l’agrandir, à l’améliorer. »

La mère mourra du cancer. Cheryl a 22 ans. C’est le choc. Cheryl ne l’accepte pas. Elle ne peut se faire à l’idée de vivre le reste de sa vie sans sa mère. Elle devra alors prendre les grands moyens.

Pour connaître la suite, on lit le roman ou on regarde le film.

Référence:

Wild, Cheryl Strayed, Arthaud, 2013, 475 pages

Photo: iStockphoto

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