Regard d’Agatha Christie sur le style victorien

Peu de temps après avoir écrit le récent billet Regard sur le style victorien, je découvre avec joie des détails vivants du style victorien qu’Agatha Christie met à jour dans son autobiographie. (Agatha Christie. Autobiographie. Éditions Libre Expression, 1981) :

« Autre objet de fascination, le lit de Taty-Grannie, un immense lit en acajou à baldaquin, orné de rideaux damassés rouges. Il y avait un matelas de plumes… » (p. 38)

« Grannie passait sa vie dans la salle à manger avec une grande satisfaction « victorienne. » Les meubles étaient en acajou massif avec une table centrale et des chaises autour. Les fenêtres étaient drapées d’épaisses dentelles de Nottingham. Assise devant la table, sur une haute chaise en cuir, Grannie était occupée à écrire des lettres ou bien elle était assise dans un grand fauteuil en velours devant la cheminée. » (p. 39)

« Le salon de Ealing était une magnifique pièce de style, tellement encombrée de meubles qu’il était difficile de s’y déplacer. Un splendide tapis de Turquie recouvrait le sol. Tous les genres de fauteuils y étaient représentés, plus inconfortables les uns que les autres. Il y avait aussi deux, sinon trois, cabinets en marqueterie de Chine, un grand lustre central, des lampes à huile, une quantité incroyable de petites étagères, des guéridons et des meubles français de style Empire. La lumière de la fenêtre était cachée par une serre, symbole prestigieux que toute maison victorienne respectable se devait de posséder. Le salon était une pièce très froide, le feu dans la cheminée n’y étant allumé que s’il y avait une réception. En général, personne n’y entrait en dehors de moi. J’allumais les deux candélabres du piano, réglais le tabouret, soufflais sur mes doigts et commençais avec The Country Girl ou Miss Gibbs. » (p. 147)

On y découvre qu’Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller, aimait chanter et jouer du piano. Elle adorait les mathématiques, mais préférait s’inventer des histoires fantaisistes.

Plus près de chez nous, vous découvrirez une panoplie de maisons de style victorienne sur l’avenue Laval à Montréal : à l’intérieur du carré Saint-Louis délimité par les rues Saint-Denis, Sherbrooke, boulevard Saint-Laurent et avenue des Pins. Le 3492 avenue Laval abrite les bureaux de l’Union des écrivaines et écrivains québécois.

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