Quand le cocooning vous dévore!

               

 

Quand on pense cocooning, un tas d’images surgissent dans nos têtes : pyjama sur le dos et pantoufles aux pieds,  un verre de rouge, des chaussettes de laine, une tasse de chocolat chaud, une grosse doudou, une odeur de sauce spaghetti qui mijote, une grosse couette, un café fumant. Vivre emmitouflé chez soi! 

Quelque part sur le Web (j’ai malheureusement perdu la trace), j’ai lu la phrase suivante au sujet des adeptes du cocooning: « Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas sortir, c’est juste difficile de faire le premier pas. » Sur le même site, on rapportait les résultats d’un sondage qui font sourire. Le vendredi, on posait la question : «Avez-vous l’intention de sortir ce week-end?» Deux personnes sur trois avaient répondu oui. Le lundi, on posait la question : « Aviez-vous l’intention de sortir ce week-end? » La moitié de ceux et celles qui avaient répondu oui le vendredi ont répondu le contraire!

Comme nous l’avons vu dans le billet précédent :« Le Home Sweet Home depuis le temps des cavernes », les progrès technologiques, la multiplication de choix en matière de décoration sous l’impulsion des penseurs de marketing et des reportages télévisés de plus en plus fréquents sur la guerre dans le monde ont poussé des milliers de gens à passer davantage de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur de la maison. C’était dans les années 80. Le terme cocooning était né!

Mais ce n’est pas tout! À partir de la fin des années 80, l’Occident a vécu une croissance économique sans précédent. Aux Etats-Unis, les gouvernements Reagan et Clinton avaient si bien manœuvré qu’à la fin des années 90, les économistes osaient parler d’une situation économique presque parfaite en Amérique. Pas d’inflation, taux de chômage bas, croissance soutenue. Conséquence : les baby boomers n’avaient jamais gagné autant d’argent. Le fric coulait de partout! Du fric à dépenser!

Le doigt sur la calculatrice, les baby boomers construisaient leurs cocons. Il y avait tellement de choix dans les matériaux, dans les concepts design, dans les styles d’ameublement! Presque un casse-tête! Même la décoration d’une chambre de bébé prenait parfois l’allure d’un projet!   

Le choix était si varié que décorer l’intérieur de sa maison était devenu un moyen d’affirmer sa personnalité. Au même titre que l’habillement!  Surtout chez les femmes! Un mur en verre et un mur en papier peint, ça ne veut pas tout à fait dire la même chose. 

En fait, la joie de construire un cocon à soi était devenue un objectif de vie dans bien des cas.

Difficile de résister quand, le soir au bulletin des nouvelles, la télé nous montrait l’horreur du monde! Vous rappelez-vous de la fameuse image de la petite fille brûlée au napalm lors de la guerre du Vietnam? L’image a fait le tour du monde! Les Américains avaient mis fin à la guerre les mois suivants. Aux yeux de plusieurs historiens, c’est cette photo qui a mis fin à la guerre du Vietnam, les Américains ayant perdu la bataille de l’opinion publique. C’est dire la force de l’image pénétrant dans les foyers!

Au milieu des années 70, les médias avaient montré en direct pour la  première fois des images de milliers d’enfants mourant de faim, le ventre gonflé. Ce n’était qu’un début! Pour plusieurs, ces images en direct, en créant de l’inconfort, ont contribué à l’essor du cocooning.

Puis la roue a tourné. Les ordinateurs se sont perfectionnés. Internet a suivi. Le cinéma maison aussi. La maison domotique (intelligente) a poussé ses premiers cris. Sans oublier  l’irrésistible sofa modulaire, un symbole du cocooning.  

Conclusion : la vie en pantoufles prenait ses aises au point d’en devenir arrogante.

Et lorsque les deux tours jumelles du World Trade Center se sont effondrées, pour beaucoup ce fut : « Ôtez-vous de là! Je rentre à la maison! »

Symbole de stabilité dans cet univers mouvant depuis les temps reculés, la maison gagnait de nouveaux adeptes. Le cocooning leur ouvrit les portes toutes grandes.

J’y reviendrai!

 

 

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