Proprios et locataires réagissent

 Bail 2011-06 immobilierMême si la SCHL annonçait une hausse de 0,6% du taux d’inoccupation moyen des immeubles offrant trois logements et plus dans les centres urbains de 10 000 habitants et plus au Québec (lire billet Les logements vides se multiplient), le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) évoque une augmentation de 44% du prix du loyer depuis 2000 pour justifier sa réaction plutôt tiède.

«En l’absence d’un contrôle obligatoire et universel des loyers, un plus haut taux d’inoccupation est loin de garantir l’accessibilité à un logement bon marché. Les hausses abusives prennent à la gorge les ménages locataires, qui mettent en péril leurs besoins de base pour payer leur loyer», souligne Maude Bégin Gaudette, porte-parole du RCLALQ.

La hausse du nombre de condos mis en location ne trouve pas grâce aux yeux du RCLALQ.

«Déjà que les ménages ont du mal à se payer le loyer moyen à 714$, les copropriétés offertes en location à des prix exorbitants sont hors d’atteinte pour la majorité des locataires », s’indigne Mme Bégin Gaudette.

Le RCLALQ déplore l’attitude de plusieurs propriétaires durant la période des déménagements: «Non seulement les propriétaires demandent des hausses abusives lors de déménagements, mais ils ne remplissent pas la section G du bail qui devrait indiquer le loyer payé par l’ancien locataire. Cette pratique illégale empêche les locataires de demander à la Régie de fixer le loyer, ce qui est dans leurs droits », explique la porte-parole.

Chez les associations de propriétaires, la réaction est bien sûr très différente.

Martin Messier, président de l’Association (C) des propriétaires du Québec (APQ): «Les taux d’inoccupation ne cessent d’augmenter et le Gouvernement à travers des projets démesurés de logements sociaux rend cette situation impossible à vivre pour les propriétaires de logements locatifs au Québec.»

L’APQ nourrit toujours l’espoir de voir le gouvernement du Québec donner suite à son orientation lors du dernier budget, celle de réduire le nombre de constructions de logements sociaux et augmenter les suppléments au loyer.

Selon l’APQ, 20% de l’ensemble des condos au Québec se sont orientés vers la location. Autre mauvaise nouvelle: le nombre de locataires «indésirables» est en hausse. L’association rapporte que «plus de 27% des locataires vérifiés comportent des dossiers civils ou criminels, ou à la Régie du Logement.»

Du côté de la CORPIQ (D), le porte-parole Hans Brouillette déclare: «Nous avons cette année beaucoup plus de propriétaires membres qui nous disent éprouver des difficultés à relouer leurs logements. Nous sommes déjà à la mi-juin et ils sont plus nombreux qu’à l’habitude à s’attendre à ne pas avoir trouvé de locataire pour le 1er juillet. Si le problème perdure, il y a un risque de voir certains logements être repris, soit pour y loger un membre de la famille du propriétaire, soit pour être convertis et vendus en condo ou encore, pour être offerts sur le marché locatif touristique de courte durée.»

La CORPIQ revient avec la question du rafraîchissement du parc immobilier au Québec.

«Les années 2000, avec leurs bas taux d’intérêt et une forte demande locative, auraient dû permettre la modernisation des logements. De façon absurde au moyen du contrôle des loyers, le gouvernement du Québec a plutôt décidé de réduire les montants pouvant être transférés aux locataires pour couvrir le coût des rénovations. La fenêtre d’opportunité est en train de se refermer sans que le déficit d’entretien ne soit résorbé », indique M. Brouillette.

La CORPIQ explique que, sur une période de vingt ans, la valeur marchande d’un petit immeuble de logements dans la région de Montréal a plus que triplé tandis que les loyers ont progressé de 52 %, soit environ 1,9 % par année.

Photo: Casarazzi

 

 

 

 

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