Où sont les fleurs séchées?

 

J’adore novembre. Je le dois à Brigitte. Avant notre rencontre, seuls les mois de mai et de septembre trouvaient grâce à mes yeux. Jusqu’au jour où Brigitte m’a fait découvrir son dada : la confection d’arrangements de fleurs séchées.

Les jours de beau temps, on allait dans les bois de Laval pour trouver de la vigne et ramasser des fleurs et des plantes. La cueillette terminée, on retournait à l’appartement les bras chargés. On déposait les fleurs et les plantes dans un réduit sec et frais, à l’abri de lumière pour qu’elles conservent leurs couleurs. Brigitte les suspendait pour les faire sécher et faire fuir les « bébittes » indésirables.   

Une fois, on s’est permis de cueillir des roseaux  le long d’une route. C’était en novembre. Le ciel était dégagé, le vent soufflait et le soleil frappait fort! Les feuilles étant tombées et la végétation séchée, une rivière de lumière dorée coulait à travers l’espace et nous éclaboussait de la tête aux pieds. Tout était devenu jaune! Un jaune éclatant! Depuis ce jour-là, j’adore novembre. Surtout quand les roseaux se balancent au vent le long des routes.

Je reviens au réduit frais et sec. Une fois les fleurs et les plantes séchées, Brigitte se mettait à confectionner des bouquets, des couronnes, des paniers, des arrangements parfois farfelus. Elle plantait la base des tiges dans une sorte de pain de mousse qu’elle achetait chez Dollarama, puis elle liait les tiges avec ce qu’elle appelait du raphia.

Elle faisait des petites merveilles avec les espèces végétales. Il y avait des arrangements floraux accrochés à tous les murs de l’appartement. Les couleurs sont plutôt neutres, c’est vrai. Rien de très criard là-dedans. Mais c’est parfait pour les gens qui affectionnent l’ambiance pastel.

Mes créations préférées étaient ni les bouquets, ni les couronnes, mais les arrangements bien garnis et de grande dimension, presque lourds, qui pendaient aux murs comme une crémaillère. Des grosses bottes végétales et rebelles!  

Une fois, un resto populaire du quartier Saint-Vincent-de-Paul avait suspendu trois créations florales de Brigitte à ses murs. Le look était charmant.  

Je peux me tromper, mais il me semble qu’on voit de moins en moins d’arrangements floraux. Était-ce une mode à l’époque? Était-ce l’époque granola? Certaines personnes soutiennent que les fleurs séchées sont des feuilles mortes qui portent malheur. Pas assez Feng Shui à leur goût! C’est un point de vue qui peut se défendre. Pourtant, fleurs et plantes séchées se prêtent admirablement bien aux concepts décoratifs genre champêtre. Un bouquet près d’une fenêtre traditionnelle au-dessus d’un banc de bois, c’est joli non? Je le vois bien aussi entre une porte d’armoire vitrée et une source de lumière dans le fond qui le met en évidence. De plus, fleurs et plantes séchées égaient une pièce douze mois par année.

Reste que je me suis donné un mal de chien pour trouver des photos dignes des arrangements de Brigitte. Celle que je vous propose aujourd’hui n’a rien en commun avec les créations de mon ex. Les siennes  avaient vraiment de la gueule! Elles étaient plus anarchiques, moins léchées, moins parfaites.

Une fois, Brigitte et moi avions passé tout un coucher de soleil à ramasser fleurs et plantes sauvages en vagabondant sur les pentes du Mont-Tremblant. J’en garde un souvenir indélébile.  

Si la technique des fleurs séchées vous intéresse, l’adresse suivante me semble pas trop mal comme point de départ.      

http://www.cfaitmaison.com/brico/fleur-sechee.html

 

 

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