Un opéra sort de sa coquille

La musique s’élève vers le ciel. Quiconque a assisté à un concert de musique symphonique en plein air ou à un spectacle rock de grande envergure, comme ceux de Pink Floyd, Metallica ou Supertramp, le sait trop bien. Même à l’intérieur des murs, nous avons l’impression que la musique cherche à soulever le plafond.

L’architecte danois Jorn Utzon l’avait fort bien compris. D’où son splendide Opéra de Sydney en Australie dont la toiture semble avoir été conçue pour laisser la musique s’échapper à travers les ouvertures. L’édifice insolite a été inauguré en 1973, mais 40 ans plus tard, il fait toujours baver d’envie la communauté des architectes.

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iStockphoto LP

Les gens interprètent l’œuvre à leur façon. Pour certains, le design représente un ensemble de coquillages; pour d’autres, ce sont des voiles. Gageons que d’autres interprétations, loufoques ou sérieuses, circulent parmi les touristes. Qui a raison?

Il s’agit bel et bien de coquillages. C’était du moins l’intention de Jorn Utzon. Et le choix du coquillage surprend peu quand on apprend que l’édifice est situé dans le port de Sydney et qu’ Utzon était le fils d’un architecte naval qui construisait des navires et des yachts. La mer, la plage et le sable semblent au cœur de l’univers des Utzon.

Vous êtes gourmand en matière de chiffres? Place au buffet à volonté dressé par Wikipedia. La toiture se compose de 1 056 006 tuiles de céramique blanche. Grand voyageur, Utzon était tombé en amour au Japon avec un type de bols dont il s’est inspiré pour les tuiles.

L’Opéra s’appuie sur 588 piliers de béton qui s’enfoncent jusqu’à 25 mètres sous le niveau de la mer. Sa facture en consommation d’électricité égale celle d’une ville de 25 000 habitants, soit la population de Magog, de St-Jérôme ou de Rivière-du-Loup. L’électricité est distribuée par 645 kilomètres de câbles électriques.

Incroyable mais vrai: non seulement l’architecte n’a pas été invité à l’inauguration de l’édifice en 1973, où il aurait côtoyé la Reine Elizabeth II et vibré au son de la Neuvième symphonie de Beethoven, mais son nom n’a même pas été mentionné. Pourquoi? Parce qu’un gouvernement plutôt chauvin, une fois au pouvoir, avait forcé l’architecte à démissionner, préférant confier le reste des travaux à des firmes locales, au grand dam des architectes de l’époque, fort conscients d’être témoins de la naissance d’un chef-d’œuvre.

Le gouvernement avait un prétexte très valable par contre: l’explosion des coûts. Comme la plupart des réalisations pharaoniques, la construction de l’Opéra de Sydney s’est avérée un vrai casse-tête, le nombre d’imprévus ne cessant de se multiplier. Estimée à 7 millions de dollars australiens avant le début des travaux, la facture totale s’est élevée à 102 millions. Utzon a démissionné trois ans après le début des travaux qui ont duré dix ans.

L’Opéra de Sydney représente un bond dans l’évolution de l’architecture, autant par l’innovation du design que par l’utilisation de certains matériaux. Utzon fut l’un des premiers à utiliser l’ordinateur à des fins d’analyse, sinon le premier.

Beaucoup de livres ont été écrits sur l’histoire de l’édifice, soit sur la saga politique, soit sur l’audace de la construction (avec de nombreux croquis à l’appui).

L’Opéra de Sydney fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Quelque 7 millions de touristes visitent l’immeuble chaque année. Il est considéré comme l’un des édifices les plus spectaculaires du XXe siècle.

Il est devenu le symbole de l’Australie, comme la tour Eiffel en France ou la tour de Pise en Italie.

Références:
Wikipedia anglais à l’article Sydney Opera House

Wikipedia français à l’article Opéra de Sydney

Wikpedia anglais à l’article Utzon, Jorn 

Wikipedia français à l’article Jorn Utzon

 

Photo : iStockphoto LP

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