iStock

Moquettes et tapis écologiques

Des années 60 aux années 80, c’était la ruée vers les moquettes, ces fameux tapis mur à mur. Décoratives, chaudes, confortables, parfois moelleuses, elles avaient tout pour plaire. Les fibres synthétiques couvraient les planchers du Québec comme une traînée de poudre.

Devant la dégradation accélérée de l’environnement, les écologistes poussèrent les moquettes hors de nos maisons. Les raisons sont nombreuses.  La moquette est un agent hautement polluant, de la fabrication jusqu’à l’utilisation. Elle est non biodégradable, non durable, se recycle à peine, renferme de nombreuses substances chimiques toxiques et se nourrit de produits pétroliers.

Les spécialistes de la santé ajoutèrent leur grain de sel avec un argument béton: la moquette peut être dangereuse pour la santé. Elle attire vers elle tout ce qui navigue dans l’air: poussière, résidus chimiques, acariens, humidité et même les déchets de l’extérieur qui collent aux semelles. Sans compter qu’elle contient des composés organiques volatils (COV) et se transforme parfois en nids de microbes. Cela sonna le glas des moquettes. On en voit de moins en moins.

Les purs et durs ont essayé de ranger les tapis parmi les impies de l’environnement, en vain. Aujourd’hui, certains tapis sont entièrement faits de matières recyclables.  

Faut-il pour autant jeter les moquettes par la fenêtre? Pas nécessairement.  Des solutions existent. D’autant plus que les inconditionnels de la moquette opposent un argument qui se défend plutôt bien: si la moquette absorbe toutes les substances de l’air, l’air est donc sain. C’est vrai, à condition d’éviter de s’étendre sur la moquette et de la nettoyer régulièrement.

Pour limiter les dégâts, vous pouvez toujours vous doter d’un aspirateur puissant, faire laver la moquette par un spécialiste le plus souvent possible et aérer la pièce en toute saison, mais cela demande discipline, temps et argent.

iStock
iStock

Limiter la moquette à une seule pièce, la chambre à coucher ou le salon, est une autre solution à condition qu’elle soit régulièrement aspirée, nettoyée, aérée. Sinon, vous pouvez opter pour la moquette à carreaux. Vous n’avez pas besoin d’arracher toute la moquette pour un coin abîmé ou exagérément usé. Suffit de remplacer le carreau et le tour est joué.

Il faut savoir que, soucieux de vendre leurs produits, les fabricants s’efforcent de rendre leurs moquettes moins polluantes et plus conformes aux normes de la santé. D’ailleurs, l’Institut canadien du tapis a émis une certification, Green Label Plus, qui indique le taux de COV dans une moquette ou un tapis.

La meilleure solution reste par contre l’installation d’une moquette ou d’un tapis écologique. Il s’agit de fibres naturelles et elles sont nombreuses. Petit inconvénient : elles sont parfois rugueuses mais leurs nombreux avantages compensent largement. Elles tolèrent mal l’humidité excessive aussi, du moins pour la plupart. Il faut bien s’informer.

La laine est très appréciée. Douce, chaude, confortable, elle est facile d’entretien et ne s’abîme pas facilement. Le jute est populaire mais peu résistant, donc à éviter dans le zones de circulation dense. Le sisal est répandu également, souvent en moquette.

Le roseau est très durable et ne tâche pas. La fibre de coco étonne par son aspect esthétique, quoiqu’un brin raide et rugueuse. S’ajoutent la fibre de bananier, l’abaca, le jonc de mer, le chanvre, le caoutchouc naturel, le coton organique.

Un peu plus dispendieuses, certes, mais ces fibres naturelles vous évitent tout risque pour la santé et contribuent au combat planétaire contre la dégradation de l’environnement.

Photos: iStock

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestShare on LinkedInEmail this to someone