Le merle d’Amérique, le colibri et bien d’autres

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Un ami de mon ancienne conjointe détestait le merle d’Amérique parce que l’oiseau le réveillait trop tôt matin lorsqu’arrivait le printemps. «Maudit merle!» se plaignait-il.

C’est vrai que cela peut-être irritant mais, en revanche, avez-vous déjà vu le merle d’Amérique piquer droit sur votre gazon? Observez-le bien. Méchant pilote! Une manœuvre digne du film Top Gun avec Tom Cruise et Val Kilmer.
Pourquoi le merle fonde-t-il sur votre pelouse comme l’aigle sur sa proie? Parce qu’il a senti la présence d’un ver sous la terre sans même l’avoir vu. Mais comment fait-il?

Il y a deux semaines, une ornithologue amateur m’envoyait un courriel pour me signaler que, après deux ans de recherche, elle avait finalement réussi à identifier l’oiseau qui criait sans arrêt pendant la nuit autour de sa propriété. C’est la petite nyctale.

Il se peut fort bien que l’oiseau soit de passage dans votre jardin l’un de ces jours, à moins que ce ne soit déjà fait. Il ressemble à un hibou avec sa grosse face en forme de disque. Pourquoi est-elle en forme de disque? C’est pour mieux détecter les sons.

En parcourant  le bouquin: L’oiseau et ses sens, de l’ornithologue Tim Birkhead, j’ai appris qu’une autre particularité physique chez la petite nyctale l’aidait à mieux percevoir les sons : l’oiseau possède un crâne asymétrique.

Et vous savez quoi? M. Birkhead nous dévoile comment le merle réussit à devenir  la présence d’un ver sous la terre de votre pelouse.

Si vous êtes du genre à observer les oiseaux autour de votre propriété et dans votre jardin, et à vouloir détecter leur présence par les chants, vous risquez d’apprécier le bouquin de Tim Birkhead.

Ornithologue de profession, ce spécialiste du comportement animal nous apprend que le faucon vit dans un univers qui va dix fois plus vite que le nôtre, que la Barge Rousse vole sans escale de l’Alaska vers la Nouvelle-Zélande, une distance de 11 000 kilomètres franchie en huit jours seulement, que le flamant rose ne se perd jamais au cours de sa migration, que certains oiseaux dorment déjà en se dirigeant vers leurs nids. Vous avez bien lu : ils font dodo en plein vol.

Jadis, une amie partie à l’étranger  m’avait demandé de veiller à ses colibris au chalet. J’ai pu les observer de près. Étonnant! M. Birkhead nous dévoile d’ailleurs le fonctionnement des papilles gustatives de ceux qu’on appelle au Québec les «oiseaux-mouches».

M. Birkhead vulgarise merveilleusement sur plusieurs réflexes de la faune ailée: vue, ouïe, odorat, toucher, goût, sens de l’orientation, émotion, les mécanismes comme les nerfs et les hormones.

Donc, ce sera une lecture agréable sur la terrasse, près de la piscine ou sous la pergola durant une belle soirée d’été, en sirotant un thé ou une limonade.  Les jumelles à portée de main, bien sûr.

Dernières nouvelles : les colibris mâles sont arrivés, les femelles ne tarderont pas. Les parulines bleues sont également là.

Référence:
L’oiseau et ses sens, Tim Birkhead, Buchet et Chastel, 2014, 308 pages

photo : iStockphoto LP

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