Maisons rongées par un champignon

photo de Verber 31 sur Wikipedia CC
photo d’une jeune Mérule par Verber 31 sur Wikipedia CC

La maison de 155 ans avait été démolie en une heure seulement, à coups de pelle hydraulique, à Maskinongé. C’était la seule option valable. On avait songé à l’incendier pour éviter que les spores du champignon ne soient disséminées par le vent et ne s’attaquent à d’autres maisons, mais le ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) de l’époque avait refusé. La maison était considérée comme un vulgaire déchet et il est interdit de brûler des déchets à ciel ouvert.

La rumeur veut que la propriétaire ait eu juste le temps de s’enfuir avec son alliance et son sac à main. Pour le reste, il était trop tard, semble-t-il.

Pourquoi avoir voulu faire disparaître cette maison à tout prix de la surface terrestre? Parce qu’elle était contaminée par la mérule pleureuse, un champignon dévastateur au visage terrifiant.

La maison était gonflée de partout et affichait des formes monstrueuses. La mérule avait traversé les fondations pour se répandre à l’intérieur. Un champignon sous la galerie de bois mesurait sept pieds de long avec à peine un pied de large. D’autres surgissaient des planchers et des murs.

Il fallait une autorisation spéciale pour entrer dans la maison. S’il fallait entrer, la personne devait porter habit jetable, sac aux chaussures, bonnet sur la tête et masque au visage, comme le rapportait Le Journal de Montréal.

Comme tout champignon toxique, la mérule pleureuse cause des problèmes de santé: nausées, maux de ventre, maladies du système respiratoire (asthme, bronchite, problèmes auditifs, otites, sinusite, etc.) allergies, empoisonnement si ingéré.
Un endroit fermé, chargé d’humidité et sans lumière, sous une température oscillant entre 20 et 26 degrés Celsius, est le milieu idéal pour le développement de la mérule pleureuse, qui prend naissance dans l’essence du bois. Les vieilles maisons sont des proies faciles car l’humidité finit par s’infiltrer au fil des années. Surtout qu’elles sont souvent en contact direct avec le sol et renferment des caves humides.

Pourquoi parler de la mérule pleureuse aujourd’hui? Parce que le champignon toxique se répand au Québec. Le nombre de cas de contamination serait de 2 à 3 cas par semaine, comparativement à 1 à 2 cas par année il y a 5 ans. Le problème est que la mérule pleureuse peut «dormir» pendant plus de 100 ans, ce qui complique les poursuites judiciaires pour vices cachés. De plus, les assureurs refusent de couvrir ce type de sinistre.

Le gouvernement du Québec a été interpellé. La suite demain avec l’histoire de certaines familles.

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Photo: Jeune mérule de Verber 31 sur Wikipedia CC

 

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