Les maisons sont devenues des aubaines

Qui n’a pas entendu la phrase: « Ça pas d’allure le prix des maisons! Ben vite, on n’pourra même plus se les payer! C’est scandaleux!» Si jamais on vous refait le coup, ne vous gênez pas pour répondre: « Faux! Les maisons n’ont jamais été aussi accessibles à la plupart des portefeuilles dans les trente dernières années.»
Car c’est le cas selon l’expert financier de La Presse Michel Girard qui a signé une chronique fort intéressante sur le sujet dans l’édition du 22 février dernier intitulée: « L’étonnante accessibilité à la propriété ».

« En 1981, écrit-il, le ménage à revenu moyen devait débourser environ 65% de son revenu disponible (après ponction des impôts) pour acquérir une propriété. Aujourd’hui, il lui en coûte moins de 30% de son revenu disponible pour voir son rêve devenir réalité. Comme quoi l’accessibilité à la propriété est aujourd’hui nettement plus grande qu’il y a une trentaine d’années. »

Oui c’est vrai, le prix des maisons est exorbitant. Sauf que les hypothèques sont si basses que cela compense largement le prix qu’il faut payer pour acquérir une résidence. Le prix des maisons peut bien grimper, la faiblesse historique des prêts hypothécaires est toujours là pour faire contrepoids.

Autrement dit, l’acheteur voit le prix des maisons d’aujourd’hui comme une grosse montagne impossible à escalader. Une montagne gigantesque qui remplit le paysage. S’il prend du recul et qu’il s’attarde sur les sentiers et les moyens à emprunter pour parvenir au sommet, il se rendra compte que c’est tout à fait faisable.

Bref,  il faut éviter de paniquer devant le prix élevé des maisons. Il faut s’asseoir et calculer.
« Alors qu’on peut aujourd’hui obtenir une hypothèque d’un terme de cinq ans au taux de 4,4% ou moins, la même hypothèque coûtait en 1981 un gros 20% d’intérêt » rappelle M. Girard.

Le chroniqueur financier cite l’économiste principal de la Financière Banque Nationale, Matthieu Arseneau. Celui-ci brise plusieurs mythes concernant le logement au Canada avant de procéder à des calculs dont les résultats sont franchement étonnants.
Exemple: on ne cesse de nous casser les oreilles avec le prix vertigineux des propriétés à Montréal. L’économiste sort crayon et papier et nous démontre que pour le ménage résidant à Montréal, même avec un revenu disponible (après impôts) inférieur, il en coûte 350$ de moins par mois comparativement au ménage canadien moyen.

Au-delà des calculs, M. Arseneau affirme que la stabilité du marché du travail combiné à la poussée démographique de la tranche des 20-44 ans, qui ne devrait pas s’essouffler avant 2015, sont deux facteurs qui contribuent à rendre l’accessibilité à la propriété plus facile qu’autrefois.

Et non, affirme l’économiste, il est peu probable que le marché de l’immobilier subisse une correction au Canada comme le laissent sous-entendre certains de ses confrères.

La chronique vaut la peine d’être lue dans son intégralité, ne serait-ce que pour les calculs de M. Arseneau devant lesquels on ne peut s’empêcher de sourire.

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