Le pire de la récession serait derrière nous

Analystes et économistes ont bombardé les médias de statistiques positives ces dernières semaines pour annoncer que le creux de la récession aurait été atteint. La raison est simple : on ne peut pas descendre plus bas! Ou bien on stagne quelques mois et l’économie remonte au courant de l’automne, au plus tard au début 2010, ou bien l’économie se remet graduellement en marche d’ici l’an prochain.

Exemple : CIBC signale que la quantité d’argent disponible, donc à dépenser, a doublé entre les mains des Canadiens au cours des quatre dernières années, comparativement aux Américains qui, eux, en ont de moins en moins. Et la tendance se poursuivra après la récession. Pourquoi? Parce que le salaire réel a augmenté de 10% au Canada, soit plus du double que la hausse aux Etats-Unis. Et il s’est créé plus d’emplois de ce côté-ci de la frontière. Des emplois de qualité, solides, durables.       

Bien entendu,  la récession a fait fondre l’argent disponible entre les mains des Canadiens, une baisse de 2%, semble-t-il, de janvier à mars derniers. Mais la lame de fond joue en faveur des Canadiens.    

Dans un autre rapport consacré aux perspectives mondiales pour les dix prochaines années, CIBC prévoit un dollar canadien plus élevé que le dollar américain (surévalué d’ailleurs) et un retour de l’inflation chez nos voisins du sud qui pourrait atteindre un taux de 5%. Cette inflation pousserait le prix des maisons à la hausse, permettant à ceux dont la valeur de l’hypothèque est près de dépasser le prix de leur maison de respirer un peu. Au Canada, on prévoit un ralentissement marqué des mises en chantier. De 200 000 en moyenne par année, on passera à 170 000.  

Du côté de Desjardins, on annonce que le pire de la tempête est bien passé. Si le creux n’est pas atteint, il le sera cet automne, pas plus tard. Les économistes du mouvement coopératif prévoient une croissance économique de 1,7% au Canada en 2010. Convaincus qu’une reprise mondiale ne peut se faire sans les Américains, ils annoncent que ces derniers se dirigent lentement vers une remontée à l’automne.           

La Scotia Bank est catégorique : l’économie mondiale est sur le point d’entrer dans une nouvelle phase de croissance qui pourrait atteindre un taux de 2,6% en 2010.    

D’autre part, selon une étude récente de BMO Banque de Montréal, le taux de chômage au pays devrait atteindre 9% en 2010 tandis que l’économie devrait connaître une croissance frisant le 2 %. Au Québec, même si la hausse actuelle du chômage affecte le secteur du logement, celui-ci s’en tire mieux qu’ailleurs au pays, les prix demeurant relativement stables.    

Et puis, l’influent Conference Board du Canada annonce une reprise de la croissance partout en Amérique du Nord dès le mois prochain. Mais la remontée sera lente, très lente!  

Enfin, un article paru récemment dans La Presse indiquait qu’on évitera une baisse de prix côté immobilier dans la région de Montréal, qui sont en moyenne de 238 000$ pour une unifamiliale, 192 000$ pour un condo et 350 000$ pour un deux à cinq logements. Nos prix tiennent le coup alors qu’ils baissent ailleurs au Canada. Le volume de transactions a connu une hausse de 2% en mai comparativement à mai 2008, estime l’étude de Desjardins. Cela veut dire que la demande est toujours là.      

Que de chiffres! Par contre, le facteur le plus encourageant provient d’un sondage de la maison Harris/Decima. Sa conclusion: la confiance des Canadiens face à l’économie n’a jamais été aussi élevée depuis 15 mois! Le pessimisme s’effondre! Un Canadien sur deux croit maintenant qu’une longue croissance économique attend le Canada. Et les Canadiens, dans l’ensemble, ne trouvent pas leur situation financière personnelle si déplorable. Le plus significatif: la moitié d’entre eux estiment que le moment est bon pour un achat important. 

 

  

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