Le marché de la revente se calme le pompon

 

La maison que vous avez dans la mire s’éloigne parce que son prix augmente et que votre capacité à payer stagne ? Et vous n’arrivez pas à vendre celle que vous possédez? Rassurez-vous ! Le marché est en train de se corriger de lui-même. Sauf qu’il prendra plusieurs mois pour le faire. Ce ne sera que partie remise. 

Comme je l’écrivais dans le billet précédent, la demande va baisser, les prix vont finir par se stabiliser, les revenus vont augmenter et la spirale va reprendre. Le marché immobilier, comme tous les autres marchés, fonctionne par secousses. 

Il ne se passe plus une semaine sans qu’une voix s’élève pour annoncer que le marché de la revente au Canada s’essouffle. La semaine dernière, c’était au tour de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) qui a révisé à la baisse ses prévisions des ventes résidentielles réalisées par le biais des systèmes MLS® des chambres et associations immobilières canadiennes.

Exemple : l’ACI avait annoncé plus tôt cette année que le prix moyen des maisons au Canada augmenterait de 5,4% en 2010. Là, on fait marche arrière. L’augmentation ne sera que de 1,6%. Le prix moyen sera donc de 325, 400$.

Le marché roule bien, très bien même, mais il roule moins vite que prévu.

En 2011 par contre, il ralentira considérablement. L’ACI prévoit même que les transactions effectuées par le biais des systèmes MLS® des chambres immobilières reculeront de 8,5%.  

Plusieurs facteurs expliquent le ralentissement du marché.

D’abord, le transfert de maisons d’un propriétaire à l’autre s’est essoufflé en Colombie-Britannique et en Alberta.  Des acheteurs se sont retirés du marché car les prix étaient trop élevés.

Ensuite, le resserrement des règles concernant l’obtention d’une hypothèque annoncé par le ministre Flaherty en février a poussé plusieurs propriétaires au pays à acheter la maison en vue avant que les nouvelles règles n’entrent en vigueur en avril. Conséquence : les propriétés qui, normalement, se seraient vendues plus tard pendant l’année sont déjà vendues.

Finalement, la menace constante de la  Banque du Canada d’augmenter les taux d’intérêt plus vite que prévu a refroidi bon nombre de propriétaires qui ont préféré ne pas bouger. Il faut s’attendre d’ailleurs à ce que les taux de 2011 freinent davantage les ardeurs du marché immobilier.

Pour l’année en cours par contre, il n’y a pas à s’en faire selon l’ACI : « Selon les prévisions, les taux d’intérêt augmenteront graduellement dans le contexte du nouveau programme de compression des dépenses gouvernementales; par conséquent, le financement de l’habitation demeurera à portée de bon nombre d’acheteurs de maisons », a fait savoir le président Georges Pahud.

L’économiste en chef Gregory Klump ajoute : « En réponse à l’équilibre du marché du logement et au cycle dynamique du marché de l’habitation fondé sur la demande, les prix demeureront stables. Grâce aux solides tendances du marché hypothécaire canadien, aux pratiques prudentes adoptées face à l’octroi de prêts et à la prudence dont ont fait preuve les acheteurs de maisons, le Canada évitera la rectification massive de l’offre et la demande sur le marché de l’habitation à laquelle les États-Unis sont aux prises. Il s’ensuit également que le Canada évitera un réalignement des prix des maisons à l’américaine. »

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