Le lieu idéal pour s’éclater

 

La fille n’avait que 19 ans et avait un talent fou. Elle était artiste et exposait déjà dans les salles de Laval, ville qu’elle habite avec sa famille. Durant l’entrevue téléphonique, je lui ai demandé: « Comment fais-tu pour travailler chez toi? Comment arrives-tu à t’isoler dans ta bulle? Ce ne doit pas être évident quand la famille et les amis bourdonnent tout autour. »

Elle de me répondre: « Nous avons un chalet dans les Laurentides. Je monte là-bas les fins de semaine, je sors mes pinceaux et je travaille. Je suis seule, personne ne me dérange. »

Un peu plus tard, l’un des amis de ma copine m’a offert, pour m’aider à avancer mon roman, de travailler à son chalet du lac Simon dans l’Outaouais. Je suis arrivé après la Fête du Travail. Presque tout le monde était rentré en ville. La plage et les quais étaient déserts, les soirées se passaient dans une obscurité quasi totale et je n’avais pas de téléphone. J’y suis resté trois semaines. J’ai abattu de la grosse besogne. J’ai écrit beaucoup, beaucoup, beaucoup de pages.   

Un gars me disait récemment que l’un de ses amis, ayant un projet d’écrire un bouquin sur la gestion, avait quitté Montréal à destination de l’Estrie où il avait loué une maison de campagne en périphérie de Sherbrooke.

Un tas d’artistes, d’écrivains, d’auteurs et de scénaristes s’isolent dans les chalets ou les maisons de campagne pour laisser libre cours à leur imagination. À commencer par la romancière québécoise Marie Laberge qui, de mémoire, écrit ses histoires dans une maison de la Nouvelle-Angleterre.

Aux Etats-Unis, plusieurs créateurs se ramassent à Cape Cod ou sur la côte du Pacifique pour s’adonner à leur jeu créatif. Pensons à Tennessee Williams (Un tramway nommé désir), John Dos Passos (Manhattan Transfert) ou Sinclair Lewis (Babbit).   

C’est dans le décor sauvage des Adironracks, chaîne de montagnes de l’état de New York, que l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson (L’île au trésor, Dr Jekyll et Mr Hyde) a eu l’idée d’écrire le récit d’aventures Le maître de Ballantrae.

« L’idée m’est venue un soir que je marchais sur la véranda de la maison de Saranac. La rivière coulait en bas, il faisait noir, et je harcelais ma mère avec mon idée. »

Désolé pour ceux et celles qui s’attendaient à lire un billet sur l’art de faire un party à la campagne avec un titre comme Le lieu idéal pour s’éclater. Ce sera pour une prochaine fois.

(Photo: Une île près de Saranac, Commons.wikimedia.org)

 

 

 

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