Le fondateur des Ritz né parmi les moutons

C’est du cerveau d’un fils de berger vivant dans un village perdu de la Suisse qu’est venue l’idée de créer un hôtel de luxe, réservé exclusivement aux riches de ce monde.

Source : Wikipedia

C’est presque jouissif d’imaginer le petit César Ritz,  gamin,  bondir parmi les moutons à la campagne. Mettons-nous à la place de son père : l’aurait-il vraiment cru si on lui avait dit à l’époque que son rejeton allait fonder le premier hôtel de luxe de l’histoire moderne? Il lui aurait sûrement ri au nez en regardant son fils jouer avec une brebis égarée. Ou peut-être lui aurait-il répondu : « Un quoi? De quoi parlez-vous? Un hôtel, c’est un hôtel! »

Ces écarts entre l’origine modeste d’un être humain et le destin exceptionnel qu’il va connaître, surtout si cela fortune et gloire, donnent le vertige.

Lors d’un voyage dans le Midwest américain au milieu des années 90, nous étions tombés par hasard sur la maison où était né Elvis Presley : une misérable cabane blanche dont la taille était celle d’une grosse remise au fond d’un jardin. Deux ou trois jours plus tard, on croisait le fameux manoir de Graceland à Memphis.

Fascinant! Les deux habitations illustraient le destin du roi du rock and roll.

Revenons à César Ritz. Le village où il naquit en 1850 s’appelle Niederwald, ce qui se traduit par « forêt basse » en français.  Un brin ironique quand on sait que l’homme fera fortune dans les hauteurs.

À 27 ans, César Ritz quitte la Suisse pour ne pas rater l’Exposition universelle de Paris de 1867. Il ne quitttera plus la France en ce sens qu’il y reviendra régulièrement. Il travaille comme serveur, sommelier, maître d’hôtel. Bref, l’homme apprend sur le tas.

De par son travail, César Ritz côtoie les gens riches et célèbres, surtout les aristocrates et gros capitalistes de l’empire colonial britannique. Il apprend à les connaître avec les années en travaillant dans des hôtels les plus renommés de la France, de la Suisse, de l’Italie, de l’Angleterre. Il est aux petits oignons avec eux, leur organisant des réceptions mondaines et répondant à leur moindre besoin.

De directeur d’hôtel il devient propriétaire et il ouvre le premier Ritz à Paris en 1898, Place Vendôme. L’établissement devient immédiatement célèbre. Cela s’explique : le Ritz est le premier hôtel au monde à offrir salle de bain et toilette dans chaque chambre. Sans compter le service de valet jour et nuit. Chaque chambre est somptueusement décorée et toujours dans un style différent. Ce n’est pas fini : Cesar Ritz aurait inventé le menu à la carte.

Bien entendu, ce n’est pas l’ouvrier du quartier St-Antoine qui pouvait se permettre le luxe de passer une nuit au Ritz de la place Vendôme. Seuls les membres de familles royales ou des riches bourgeois pouvaient se le permettre.

D’autres Ritz ont vu le jour dans le monde : Londres, Madrid, Le Caire, Johannesbourg, Montréal (1912), Boston, New York. Fait à noter : celui de Montréal a ouvert bien avant les Ritz américains. Faut se rappeler que Montréal détenait le titre de métropole économique du Canada à l’époque. Aussi, la ville de New York n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Par un merveilleux retour du destin, César Ritz sera enterré dans son village natal en 1918. Celui qu’on appelait « Le roi des hôteliers, l’hôtelier des rois » repose au pays des moutons.

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