Le bon côté de l’essoufflement des prix

Source: iStockphoto LP

Le négatif absolu n’existe pas; le positif absolu non plus. Même dans l’immobilier.

On le voit clairement depuis quelques mois. Le marché canadien prend une pause pour mieux respirer. Les reventes ralentissent, les prix baissent, le nombre de mises en chantier va diminuer. Par contre, CIBC Marchés mondiaux refuse de voir tout en noir.

«Tout d’abord, une contraction à court terme pourrait être préférable à une chute plus brutale à plus long terme de prix encore plus élevés », estime Avery Shenfeld, économiste en chef, Banque CIBC. « Ce qui est moins connu, c’est que la baisse des prix des maisons risque de faire le bonheur des uns et le malheur des autres au sein de l’économie.

« Nous n’avons qu’à penser aux jeunes ménages qui rognent sur leurs dépenses afin d’économiser pour l’achat de leur première maison. Une légère baisse des prix pourrait leur faciliter la tâche, tout en augmentant leur pouvoir de dépenser.»

Dans le dernier rapport de CIBC Marchés mondiaux, on cherche à rassurer les professionnels de l’immobilier qui auraient tendance à évoquer les catastrophes survenues aux États-Unis et en Irlande où les marchés immobiliers se sont complètement effondrés. M. Shenfeld rappelle que ce sont les défauts de paiement qui ont plombé l’économie de ces deux pays, et non une chute des prix de l’immobilier.

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« Le Canada n’a pas accordé de prêts aussi allègrement à ses acheteurs de maison à faible revenu, et une correction des prix des maisons causée par un cadre réglementaire plus strict et un surajustement des prix anticipé, plutôt que par des défauts de paiement, ne suffirait pas à elle seule à générer un tel choc au sein du système bancaire, dit-il. La plupart des baisses de prospérité ont coïncidé avec d’autres sources de faiblesse économique, notamment des taux de chômage à la hausse ou des taux d’intérêt élevés freinant la consommation.»

Il ajoute: « En tant que propriétaire, je préférerais qu’une rue de Toronto en particulier ne subisse aucun recul des prix des maisons. Toutefois, il faut regarder le bon côté des choses : un ralentissement graduel des prix des maisons, qui arrive suffisamment tôt pour éviter un choc plus important dans le secteur financier, s’avérera bénéfique avec le recul, si le Canada est mieux soutenu par la croissance mondiale au cours des deux prochaines années. »

Autre exemple comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les propriétaires canadiens qui rêvaient de prendre leur retraite dans les beaux paysages de la Colombie-Britannique avaient désenchanté ces dernières années. Or, les prix baissent là-bas. Le rêve de ces propriétaires reprend vie.

Bien sûr, le propriétaire à la retraite qui jubilait devant la hausse des prix de maisons car il projetait de vendre la sienne pour acquérir une résidence plus petite, se constituant ainsi un magot supplémentaire pour ses vieux jours, écope par les temps qui courent. Un exercice de réaménagement budgétaire lui permettra de mieux passer à travers.

Référence : Rapport de la CIBC

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