La Russie et l’Égypte au coin de la rue

Combien de Québécois et de Québécoises prennent l’avion chaque année pour Paris? Ils sont nombreux, sans doute. Jusqu’à tout récemment, Paris figurait parmi les villes les plus visitées au monde. Les touristes viennent des cinq continents et plusieurs d’entre eux ont fait de Paris leur seule destination au fil des années.

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Place_du_Caire de Tangobaso sur Wikipedia


Mais combien d’entre eux ont croisé la Russie et l’Égypte au détour d’une rue? Très peu probablement car les bâtiments dont je vais vous parler sont plutôt camouflés. Plusieurs Parisiens et Parisiennes, semble-t-il, ignorent même leur existence.

Nous sommes à Paris en 1867. Le monde entier se croise à travers de nombreux pavillons à l’occasion de l’Exposition universelle. Chaque pays expose sa culture: gastronomie, beaux-arts, architecture. La Russie des tsars est du nombre.

L’exposition terminée, le monde fait ses bagages et rentre chez lui. Les Russes, eux, ne veulent pas rapporter quatre isbas dans leur pays. La isba est une construction s’apparentant à un chalet.  Un Français, Alphonse Lasnier, décide de les acheter. Il les démonte, les transporte et les installe dans le domaine de Beauséjour, situé dans le seizième arrondissement.

Ces isbas, dont un relais de poste, sont toujours habitées. Elles ont été classées monuments historiques.

Selon une autre version, trois de ces bâtiments ont été reconstruits à Paris avec l’aide d’une commission russe.  Le quatrième aurait été transporté en pièce détachées de Saint-Petersbourg.

À proximité se trouvent des petites églises en bois typiquement russes, construites pour la plupart après la révolution de 1917 par des immigrants russes qui fuyaient le communisme.

D’autre part, si vous circulez dans le deuxième arrondissement de Paris, vous arriverez face à face avec une façade purement égyptienne: hiéroglyphes, têtes de déesse, frise pharaonique, etc. La façade se trouve sur la place du Caire où aboutit un passage couvert appelé le passage du Caire qui se déroule sur 370 mètres.

Le passage date de 1798. À l’époque, Français et Françaises raffolaient de tout ce qui évoquait le pays des pharaons et des pyramides. Normal : Napoléon venait de conquérir l’Égypte.

Ce n’est pas à Montréal qu’un promeneur solitaire risque de tomber sur une isba ou une façade égyptienne. Du moins pas encore. C’est le désavantage de se trouver en Amérique.

Références:
Paris secret, Guides Gallimard, 1998, Paris, 256 pages ; Kadouchka ; Paris inconnu.com ; Paris avec mon chien ; Wikipedia français à l’article Passage du Caire et Place du Caire.

 

 

 

 

 

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Place_du_Caire.jpg

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