La pire crise de logement de l’histoire?

L’ONU a institué le droit au logement dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Bien que des millions de gens à travers le monde vivent encore dans des taudis, c’était tout de même un pas en avant.

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Si je me souviens bien, lors d’une entrevue dans les années 70, le ministre libéral Marc Lalonde avait déclaré que tout le monde au Canada avait un toit sous lequel dormir et que les Canadiens pouvaient s’en montrer fiers.

Bien sûr, des crises se logement se produisent selon un cycle propre à l’économie de marché, soit le jeu de l’offre et de la demande. Ce qui est normal. Même le théoricien du communisme, le pur et dur Friedrich Engels, l’a reconnu. Les crises de logement, a-t-il écrit, cela dure depuis des siècles.

Parlant de communisme, se peut-il que ce soit une énorme crise de logement, sûrement la pire de l’histoire en Occident, qui ait convaincu des milliers d’ouvriers à opter pour le communisme entre les années 1900-1950?

C’est la question que je me pose après avoir lu le bouquin La question du logement, écrit par Engels en 1887.

Résumons.

Le capitalisme se fixe définitivement en Europe dans les années 1800 avec la révolution industrielle qui bat son plein. L’apparition de sources d’énergie comme le charbon,  la création des usines, la mécanisation des instruments de travail (exemple les métiers à tisser) et l’invention du travail à la chaîne sont là pour rester. Cela commence en Angleterre, qui deviendra le premier empire du monde, suivi de la France, de l’Allemagne et d’autres pays.

Voici ce qu’écrit Engels: «D’une part, les masses de travailleurs ruraux sont brusquement attirés par les grandes villes qui se transforment en centres industriels. D’autre part, la construction de ces vieilles cités (Londres, Paris, Berlin, Vienne, NDRL) ne correspond pas aux conditions de la grande industrie nouvelle et du trafic qu’elle détermine; des rues sont élargies, on en perce des nouvelles, et des voies ferrées traversent les cités. Dans le même moment où des travailleurs y affluent en foule, on démolit en masse les habitations ouvrières. De là, une brusque pénurie de logements….»

Engels ajoute que les gens en provenance de la campagne s’installent à la ville à un rythme plus rapide que la construction de logements. De plus, les propriétaires d’immeubles à revenu augmentent sans cesse les loyers pour faire du fric rapidement. Dans ces conditions, écrit Engels, «la crise du logement devient donc une institution nécessaire.»

Une poignée d’individus sans scrupules, ayant vu les millions qu’il y avait à faire avec la révolution industrielle, se ruèrent sur la fortune laissant derrière eux, pauvres comme de la gale et miséreux, des milliers de compatriotes crevant de faim. Un peu comme en Russie après la chute du communisme alors que sont apparus les premiers milliardaires russes, mais multiplié par dix.

La suite demain.

Référence
La question du logement, Friedrich Engels, Osez la république sociale,  France, 2012, 95 pages

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