La bulle tant redoutée s’éloigne

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«La vie est chère, les prix montent, tout coûte cher sans bon sens, où est-ce qu’on s’en va?». Ce refrain se fait entendre année après année.

Personnellement, je l’entends depuis plus de trente ans.

Et pourtant, l’économie roule. Elle ralentit parfois, et de beaucoup, mais elle roule. Cela veut dire que les gens achètent. S’ils achètent, c’est qu’ils ont de l’argent quelque part. Les cartes de crédit sont surchargées? Je vous le concède. Pourtant, pour finir par payer, il faut bien que les gens aient de l’argent, non? Si l’économie continue de rouler, c’est que quelqu’un paie quelque part.

Jusqu’à tout récemment, le prix des maisons grimpait sans arrêt au Canada. Le marché immobilier bouillait tellement que des experts craignaient l’apparition d’une bulle. Et lorsqu’une bulle éclate, cela fait mal aux portefeuilles de plusieurs Canadiens.

Selon une étude du Service des études économiques de BMO publiée fin février, il n’y aura pas de bulle au pays. En tout cas, les probabilités diminuent avec le temps. Pourquoi? Parce que, malgré tous les refrains alarmistes, la plupart des Canadiens pouvaient se payer leur maison.
Bien entendu, les faibles taux hypothécaires ont joué un rôle important.

Un deuxième facteur s’ajoute par contre : la hausse des revenus.
Sal Guatieri, économiste principal, BMO Marchés des capitaux. « À l’échelle du pays, les versements hypothécaires sur une maison à prix moyen représentent un pourcentage raisonnable du revenu d’un ménage, soit 28 %, mais 23 % pour ceux qui habitent à l’extérieur de Vancouver et de Toronto. Ceci correspond à la norme à long terme, qui est de 28 %, ce qui semble indiquer que la hausse des revenus et la baisse des taux hypothécaires ont compensé en grande partie la détérioration de l’abordabilité causée par les prix élevés. »

En revanche, l’inabordabilité de maisons se fait sentir à Vancouver, Toronto et Victoria, comme l’explique M. Guatieri: « Une famille type qui voudrait acheter une maison unifamiliale à Vancouver devrait affecter les quatre cinquièmes de son revenu à ses versements hypothécaires, ce qui explique pourquoi cette famille ne peut que rêver d’acheter une maison individuelle dans cette ville. À Toronto, c’est pas moins de 43 % du revenu médian qu’il faut consacrer au remboursement d’un prêt hypothécaire. »

La situation restera au beau fixe si les taux d’intérêt et les prix bougent à peine et si l’économie canadienne tient le coup devant la compression de milliards de dollars en termes de dépenses du côté des Américains, vu l’absence d’entente entre le Congrès et Maison-Blanche. Une épée de Damoclès pèse par contre sur le Canada: l’endettement record des ménages.

Sameh Elrefaei, chef, produits hypothécaires, BMO Banque de Montréal: « Les données récentes indiquent que le meilleur moyen d’assurer l’abordabilité à long terme de son habitation consiste à opter pour un prêt hypothécaire à long terme à taux fixe, assorti de la période d’amortissement la plus courte possible. Depuis des années, maintenant, BMO fait activement la promotion des avantages qu’il y a à raccourcir la période d’amortissement et nous continuerons à encourager activement les Canadiens à le faire. »

Source: BMO Banque de Montréal

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