La Belle et le « truand-bruant »

Assise à l’ordi, j’entends[1] « tic, tic tic, tic tic tic ». Je lève la tête. Les oreilles aux aguets. Plus rien. Une heure après: « tic tic tic, tic tic tic ». Veux-tu ben m’dire d’où vient ce bruit? On dirait une goutte d’eau… Mais y pleut pas joualvert! Je sors de la maison. Je regarde partout. Pas de fuite d’eau. Rien. Je ne vois rien d’anormal. J’me réinstalle à l’ordi. « Tic tic tic, tic tic tic ».

C’est assez! J’vais devenir folle! Ça fait des heures que ça dure! J’me lève. Je fais le tour des trois étages. Je commence par le solarium à l’arrière. Ah! Le tic-tic-tic diminue. Je reviens sur mes pas. J’entre dans la salle d’eau. Le son diminue. Installée au milieu de l’aire ouverte du rez-de-chaussée, je décide de vérifier au sous-sol. Et si c’était un problème avec ma plomberie? Ou mon échangeur d’air? Non, ce n’est pas ça. Je monte à l’étage des chambres. Je fais le tour des chambres, de la salle de bain. Rien. Je redescends au rez-de-chaussée et… « tic tic tic, tic tic tic » juste à côté de moi! Qu’est-ce que j’vois dans la fenêtre de l’escalier? Un p’tit bruant chanteur! Il picosse la vitre! J’ouvre la fenêtre. J’installe du papier journal. Il part. Ouf! J’vais avoir la paix! Je sais que certains oiseaux s’en prennent à leur reflet qu’ils perçoivent comme un autre mâle. Ils veulent préserver leur territoire.

Le lendemain: « tic tic tic, tic tic tic ».

Bruant chanteur

Il est dans la fenêtre avant. J’ouvre la fenêtre. J’installe du papier journal. Il part. Plus tard: « tic tic tic, tic tic tic ». C’est au tour de la fenêtre de la salle à dîner de se faire bécoter. J’ouvre la fenêtre.

J’installe du papier journal. Il part. Et…

J’appelle la société d’ornithologie. Je veux une solution au plus vite! J’peux pas m’amuser à ouvrir pis fermer mes 20 fenêtres de la maison! « Désolée pour vous, il n’y a rien à faire avec des oiseaux comme ça», me dit-on. Des amis me conseillent de le capturer et de l’amener dans un autre boisé. J’peux pas faire ça. Il va mourir le pauvre p’tit pit!

J’me résigne. C’est moi qui voulais rester à

Saint-Élie d’Orford, près de la nature et entourée d’animaux, d’oiseaux… Eh bien! J’suis servie!

Les solutions viennent en lâchant prise supposément? Ça a l’air que oui car les « tic tic tic, tic tic tic » ont cessé.

Deux jours après, je regarde par la fenêtre la brume matinale qui enveloppe le paysage. Il me semble entendre un « tic tic tic, tic tic tic » en sourdine. Mais… mais… C’est bien lui le p’tit truand! Il est installé sur l’aile de mon jeep, pis il picosse le chrome! Je sors à toute vitesse en pyjama. Il disparaît. Je regarde l’aile et le miroir de mon Jeep noir. Mais ce n’est pas d’la brume ça! Ce sont des chiures de truand-bruant! Y’é resté trop longtemps dans l’œuf le p’tit maudit! Y’a manqué d’oxygène au cerveau! Je lave le tout.

Mon Jeep est toujours propre. Non. Était toujours propre! Car là, y’a rien à faire. L’espèce de truand-bruant s’installe tous les matins sur l’aile avant côté passager. Il s’en donne à cœur joie « tic tic tic, tic tic tic » sur tout ce qui brille. Pis il laisse ses traces.

[1] Merci à cette amie qui nous a raconté son aventure avec son « truand-bruant » cet été!

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