Jardin, vie et création

«Il n’en reste pas moins que créer un jardin, puis le faire vivre, n’est pas une simple affaire d’architecte, de paysagiste, de technicien, de botaniste ou d’ingénieur. C’est avant tout l’œuvre d’un artiste.»

iStockphoto
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Ces mots écrits à l’endos (le bon mot) du livre résument ce à quoi les amateurs de création de jardin doivent s’attendre en lisant l’ouvrage Le juste jardin. De quel jardin s’agit-il? Celui de l’École normale supérieure de Lyon, en France, dont la genèse et la philosophie sont racontées en quelque 250 pages.  

Magnifiquement illustré avec toutes ces prises macrophotographiques, le livre intéresse davantage par toute la passion pour les jardins paysagers qui transpire à travers les pages que par le côté pratique, quoique l’amateur de jardin ne manquera pas d’y puiser des idées intéressantes.

«Le jardinier n’est plus un amoureux des petites fleurs», écrivent les quatre auteurs. Le  nouveau jardinier est, à leurs yeux, ce qu’ils appellent le «jardinier de l’anthropocène». En quoi consiste-t-il? Voici un exemple concret de son comportement: le jardinier de l’anthropocène recycle tous les déchets produits par la culture de son jardin. D’ailleurs, aucun déchet organique n’est expulsé  hors du jardin de l’École normale supérieure de Lyon.

Les titres de chacun de trois chapitres du bouquin en disent long sur ce type de jardinier: le jardin comme source de vies, le jardin comme une symphonie, le jardin comme un théâtre.  Pour l’école française, le jardin n’est pas un simple décor, mais la création d’un lieu particulier qui n’existe pas ailleurs.

Non seulement le jardinier ne doit pas voir son jardin comme un endroit où le temps, c’est de l’argent, mais il doit, au contraire, se souvenir que si «on sait quand le jardin commence, on ne sait pas quand il s’achève». De plus, le bon jardinier sait dialoguer avec l’être vivant qu’est son jardin.

Comme pour mieux nous convaincre, les auteurs nous apprennent qu’au jardin de l’école de Lyon, des moutons circulent et se reproduisent, des artistes peignent des aquarelles, des photographes s’amusent à photographier, des professionnels empruntent un banc pour échanger, des élèves s’accroupissent dans un coin pour lire.

À lire si vous êtes un jardinier dans l’âme. Vous trouverez sûrement le bouquin à la bibliothèque du coin

Référence:
Le juste jardin, Paul Arnould, David Gauthier, Yves-François le Lay, Michel Salmeron, L’École normale supérieure de Lyon, Paris, 2012, 239 pages

Photo : iStock LP

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