Initier les enfants au jeu de l’hypothèque

Nous avons connu un père de famille qui avait eu l’heureuse idée d’initier ses deux fils à la Bourse. L’âge des enfants?  Douze ans environ. Oh que c’est jeune, direz-vous! Mais le père savait ce qu’il faisait.

Jeu Hypotheque Enfants ISTOCKPHOTO finance
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Les deux fils ont été camelots pendant des années. Le père: «Vous me donnez une fraction de vos épargnes.  Je vous explique les critères de sélection des entreprises. Nous faisons le choix ensemble. Si vous faites un gain, vous le gardez. Si vous perdez de l’argent, je vous rembourse.» Les deux fils avaient gagné passablement d’argent lorsque leur père nous avait raconté l’histoire. Sans compter toutes les connaissances acquises.

Peut-on initier des enfants aussi jeunes aux mécanismes de l’hypothèque? Oui, soutient l’auteure Gail Vaz-Oxlade, quoiqu’elle place l’âge idéal à quatorze ans. Dès que l’enfant manifeste un intérêt à acquérir une propriété dès qu’il le pourra, c’est le temps de passer à l’action. Sous la forme d’un jeu, évidemment. Vous devenez le prêteur, votre enfant devient le futur propriétaire.

Si les premiers moments du jeu sont relativement simples (coût de la propriété à acquérir, somme des économies disponibles, l’importance du premier versement, montant de l’emprunt),  l’apprentissage se corse lorsqu’on aborde le principe de l’amortissement : plus la période de remboursement est longue, plus le versement mensuel est petit et plus les frais d’intérêt seront élevés au bout du compte. Si la période de remboursement est courte, le versement mensuel est plus gros et les frais d’intérêt diminuent.

À ce stade, le tempérament de votre enfant entre en ligne de compte. Il va falloir le respecter. C’est lui qui prend la décision du moment qu’il est conscient des conséquences de son choix. C’est une condition du jeu à ne jamais perdre de vue.

Mme Gail Vaz-Oxlade propose  que l’adolescent choisisse une résidence ou une copropriété à vendre quelque part, puis le parent amorce toutes les étapes avec lui à partir du prix réel de la propriété. À condition que ce soit l’enfant qui fasse tous les calculs, du début à la fin. Vous lui soumettez plusieurs scénarios hypothécaires: une hypothèque de 5% sur dix ans, sur vingt ans, sur trente ans. Une hypothèque de 8% et ainsi de suite.

Vous aurez compris que le but visé est de pousser l’enfant à multiplier les calculs. Plus il s’exercera, plus il deviendra à l’aise. Faire le calcul mentalement deviendra une seconde nature pour lui.

N’oubliez pas: ce n’est qu’un jeu. L’adolescent doit s’amuser sinon il décrochera vite.

Notez que l’auteure Gail Vaz-Oxlade a écrit une série de bouquins touchant l’argent : A Woman of Independant Means, Shopping for Money et The Retirement Answer Book. Elle publie des articles sur une base régulière dans le Globe and Mail, Châtelaine, IE: Money et Investment Executive.

Référence: Comment parler d’argent avec mon enfant, Gail Vaz-Oxlade, Les Éditions Transcontinental inc. traduit de l’anglais par Danielle Bleau, Montréal, 2003, 251 pages

 

Photo: iStockphoto LP

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