Hockey et télécocooning

 

Je venais d’écrire le billet « La révolution du télécocooning » le matin même quand je suis tombé, samedi en soirée, sur une séance de clavardage sur Cyberpresse. Je voulais savoir le pointage entre les Capitals et le Canadien. 

Ce que j’ai vu me fascinait. Je n’arrivais pas à détacher mes yeux de l’écran. À toutes les minutes s’ajoutait un commentaire venant de gens d’ici ou d’aussi loin que le Japon, la Suisse et l’Espagne (Andalousie) : « Je sens une tension dans l’air », « Gomez n’aurait pas dû se battre », « La défensive des Capitals n’est vraiment pas forte », « Halak accorde rarement plus que deux ou trois buts par match, donc on va gagner! ».

De temps en temps, le journaliste sportif Marc-Antoine Godin glissait le sien. Il jouait un peu le rôle de l’animateur.

J’avais donc sous les yeux un échange continuel entre je ne sais combien de personnes qui durait depuis le début du match. Ils échangeaient exactement comme s’ils étaient assis côte à côte dans un seul salon à regarder le match à la télé. Sauf qu’ils étaient éparpillés en Amérique, en Europe, en Asie.

Ils étaient pour la plupart confortablement installés chez eux, entre les quatre murs de leur maison, à échanger avec d’autres internautes dans le monde, les yeux rivés à un écran. J’étais en présence d’une communauté virtuelle planétaire.

C’est un exemple parfait de ce que l’expert Pierre Lévy appelle le « Collective Intelligence ». Tous ces partisans du Canadien augmentaient leur niveau de connaissance face au hockey en échangeant avec d’autres partisans disséminés ailleurs sur le globe.

Dans sa description du concept « Collective Intelligence », Pierre Levy évoque à titre comparatif les grandes migrations des nomades des temps anciens. L’idée vaut la peine d’être creusée.

Je me rappelle avoir lu sur le blogue de Richard Hétu de Cyberpresse le commentaire d’une femme navrée de voir la discussion prendre un tour diffamatoire. Elle avait tapé les mots: « Je suis ici pour devenir plus intelligente, pas pour embarquer dans les insultes. »

La phrase de cette femme illustre bien le concept du « Collective Intelligence ».

« Je suis ici pour devenir encore plus intelligente », c’est une phrase qui veut tout dire. Et elle montre à merveille le système d’éducation des générations à venir.

Le cocooning se métamorphose et c’est irréversible. 

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