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Surévaluation : les évaluateurs réagissent

L’écart s’accentue entre la progression des prix des logements et le pouvoir d’achat des Canadiens. Les prix augmentent alors que le revenu disponible personnel et la croissance démographique n’arrivent pas à suivre. Conséquence : la menace d’une surévaluation plane toujours dans la plupart des marchés au Canada.

Par contre, cette surévaluation et la construction excessive qui sévissent dans le marché devraient exercer une pression à la baisse sur la croissance des reventes, dont par ricochet sur les prix, ce qui devrait ralentir le nombre de mises en chantier.

Telle est la conclusion globale de deux rapports rendus publics la semaine dernière par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) : celui portant sur l’évaluation du marché de l’habitation et celui portant sur les perspectives du marché de l’habitation.

À l’échelle nationale, la SCHL s’attend à ce que les mises en chantier d’habitations et le volume des reventes diminuent légèrement l’an prochain pour ensuite se figer en 2018. Bref, il y aura rééquilibrage au sein du marché immobilier entre l’offre et la demande, entre les prix des logements et les lignes de forces économiques comme le revenu disponible et l’évolution démographique.

L’Ordre des évaluateurs agréés du Québec (OEAQ) a profité de la publication des deux rapports de la SCHL pour rappeler les limites du système automatisé utilisé par l’organisme fédéral pour évaluer une propriété.

Voici la réaction intégrale de l’OEAQ :

«Mentionnons que sans la présence d’un professionnel pour faire une enquête sur la propriété, pour constater l’état intérieur des lieux de même que de l’environnement et pour établir des comparables, le risque d’établir un prêt hypothécaire sur une valeur marchande trop élevée est fort. Les conséquences de cette surévaluation sont alors nombreuses -et les dernières années en témoignent- problèmes liés à la conformité, prix trop élevé payé par l’acheteur, surendettement, etc. Seule, une inspection visuelle et professionnelle peut rassurer

le futur propriétaire et lui éviter les mauvaises surprises après achat.

«L’Ordre se désole de constater que cette situation est préjudiciable, particulièrement envers des clients peu aguerris quant à la souscription des prêts hypothécaires résidentiels. Les clients de la SCHL sont souvent les acheteurs d’une première propriété qui ne connaissent pas encore les rouages qu’implique un investissement financier aussi majeur que décisif ! Aussi, à titre d’ordre professionnel, notre intervention s’inscrit dans le cadre de notre mission : la protection du public.

«Finalement, l’Ordre croit fermement qu’un rapport d’évaluation de valeur marchande peut rassurer le consommateur sur la qualité de son investissement financier de même que le prêteur quant à la qualité de son portefeuille de prêts. Lors d’une transaction immobilière, l’évaluateur agréé est le seul intervenant impartial qui n’a pas d’intérêt dans la transaction. Il contribue à une rigoureuse et prudente gestion quant à la souscription des prêts hypothécaires, préservant ainsi les risques d’une surévaluation des valeurs des propriétés.»

Photo: istock.com

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