La dure bataille d’un propriétaire

De plus en plus de gouvernements jonglent avec l’idée de gruger temporairement les droits de la personne afin de mieux combattre le terrorisme.

Cette stratégie fait peur à plusieurs organismes et experts qui craignent que la société de droit, dans laquelle l’Occident a grandi, finisse par déraper. Non seulement pour les suspects qui seront mis sous les verrous sans mandat ni procès, comme Guantanamo, mais aussi pour monsieur et madame tout le monde, c’est-à-dire vous et moi.

De plus, des observateurs de la scène mondiale font remarquer que la démocratie, qui s’étendait graduellement sur toute la planète, est, pour la première fois, en perte de vitesse devant les régimes autoritaires. Des livres ont été écrits sur le sujet.

Tout cela m’amène à vous poser une question. Que feriez-vous si, demain matin, un homme soupçonné de meurtre se retrouve par hasard entre les quatre murs de votre maison et que des hommes sonnent à votre porte pour vous demander de leur livrer cet homme afin qu’ils puissent le tuer de leurs propres mains?

Vous résistez en disant que les tribunaux s’en chargeront jusqu’au moment où les hommes vous menacent de mort. Vous faites quoi?

Laisserez-vous une poignée d’hommes revenir au réflexe sauvage de la nature humaine, soit la vengeance, au détriment de la société de droit?

Si le dilemme vous intéresse, je vous invite à regarder le film Chien de paille du réalisateur Sam Peckinpah.

iStockphoto
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Le propriétaire de la maison, incarné par l’acteur Dustin Hoffman, vit tranquillement chez lui avec sa femme. C’est un scientifique qui jure que jamais il n’aura recours à la violence.

Un jour, un meurtre se produit dans la région. Un meurtre qui, au fond, est un accident.

Par hasard le meurtrier se retrouve chez le propriétaire. Les frères de la victime se pointent et demandent au propriétaire de leur livrer l’homme. Le propriétaire refuse. Le système judiciaire s’en chargera, dit-il.

Les menaces pleuvent, le propriétaire tient son bout. Les hommes passent à l’action. La maison du propriétaire, qui subit de lourds dommages, est devenue le refuge de la société de droit contre l’intimidation, la violence et la soif de vengeance qui rôdent tout autour. Bref, le dark side de l’humanité.

Le jeu de Hoffman est splendide, le sujet est bien traité et la violence est supportable. Ce n’est qu’un film, mais avouez que cela s’est sûrement déjà produit.

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