Danger possible pour le cerveau

Croyez-vous que le stress en milieu urbain menace la santé mentale des citadins? Vous hésitez entre vivre à la campagne ou en ville?

Vous ne savez pas? Vous hésitez entre les deux? Une gymnastique intellectuelle, basée sur un communiqué[1] résumant les résultats d’une étude internationale, vous éclairera. L’étude, à laquelle a participé le chercheur Jens Pruessner de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, semble démontrer que la vie en milieu urbain affecte certaines zones du cerveau.

Afin d’éviter de sauter trop vite aux généralisations, ou pire à des conclusions de cause à effet erronées, nous vous invitons à questionner les résultats. Et comme les auteurs de l’article le suggèrent : à vous en servir judicieusement.

Avant de commencer, voici deux histoires qui m’ont été rapportées et qui démontrent l’importance d’afficher un esprit critique avant de sauter à des conclusions hâtives. Dernièrement, un couple de fermiers de la vallée de la Matapédia m’avouait que le bruit généré par l’augmentation de la circulation sur la route 132 est presque constant et devient agressant. D’un autre côté, une Montréalaise de Verdun me révèle avoir mal dormi chez sa sœur à Rosemont parce qu’il n’y avait pas assez de bruit! Les fenêtres sur la 13e avenue étaient pourtant ouvertes. C’est que, dans cet arrondissement, la multitude d’arbres matures et l’aménagement urbain servent d’écran acoustique.

Maintenant, voici le communiqué presque intégral afin de ne pas biaiser les informations :

Cerveau de www.lecerveaumcgill.ca

« Le fait de naître et de grandir dans une grande zone urbaine multiplie les risques de souffrir d’anxiété et de troubles de l’humeur au cours de sa vie. Jusqu’à maintenant, le processus biologique en cause dans ces associations n’avait pas été décrit. Mais une nouvelle étude internationale […] est la première à démontrer que la vie urbaine a une incidence sur deux régions distinctes du cerveau, qui régulent les émotions et le stress.
« M. Pruessner, et ses collègues du Central Institute of Mental Health à Mannheim, ont observé l’activité cérébrale de volontaires sains, provenant de zones urbaines et rurales. Dans une série d’expériences de résonance magnétique fonctionnelle, ils ont démontré que la vie urbaine est associée à une plus forte réaction de stress dans les amygdales du cervelet, zone cérébrale jouant un rôle dans la régulation des émotions et des humeurs. Par contraste, on a découvert que le fait de grandir en ville était associé à l’activité du cortex cingulaire, région régulant les affects négatifs et le stress.
« D’après ces observations, on voit que différentes régions cérébrales sont sensibles à l’expérience urbaine à diverses périodes de la vie, explique M. Pruessner. Les futures études devront clarifier le lien entre la psychopathologie et l’état affectif chez les personnes qui souffrent de troubles mentaux.
« Ces découvertes nous aident à comprendre les risques que l’environnement urbain fait courir quant aux troubles mentaux et à la santé en général. Elles nous font également entrevoir une nouvelle approche de l’interface entre les sciences sociales, la neuroscience et les politiques publiques en vue de relever le grand défi pour la santé que représente l’urbanisation. »

Avant de généraliser, il serait important de connaître l’âge et le tempérament des sujets ainsi que l’environnement urbain dans lequel ils ont évolué. Exemple: le quartier était-il tranquille ou bruyant? Le plus important serait de savoir si les individus ont vécu des événements reconnus comme hautement stressants et qui ne sont pas liés aux milieux urbains : décès, perte ou précarité d’emploi, déménagement, divorce, maladie, etc.

La vraie question finalement est de savoir où s’établir dans une ville. Et le premier défi à relever est d’inciter les instances gouvernementales à adopter des stratégies à long terme pour améliorer la qualité de vie dans les milieux urbains. Sans oublier la qualité de vie des milieux ruraux où une route principale, comme la 132 dans la vallée de la Matapédia, vient perturber la quiétude des lieux. De notre côté, à nous d’utiliser notre créativité pour diminuer les éléments stressants. Vous avez des idées?

[1] Communiqué de CNW du 22 juin 2011 : « Stress dans la ville – Des chercheurs observent l’activité du cerveau et identifient les processus biologiques associés aux troubles de l’humeur des citadins ». Résumé d’un article parue dans la revue Nature.

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