Cocooning à la sauce hollandaise

Fouineur de papiercomme je suis, j’ai mis la main par hasard sur un vieil exemplaire du magazineGéo, édition février 1985. Plusieurs pages étaient consacrées aux Pays-Bas,qu’on appelle parfois la Hollande. C’est une erreur. La Hollande est une régiondes Pays-Bas divisée en deux provinces. C’est en Hollande que se trouve lacapitale du pays, Amsterdam.

Un article portait letitre : Le bonheur de rester à la maison. Drôlement intéressant! Aujourd’hui,je vous présente le cocooning version hollandaise. En version abrégée, cela vasans dire.

Bien sûr, le bonheurde rester à la maison est universel. Mais on oublie parfois que le cocooning nese vit pas de la même façon d’un pays à l’autre.

L’article était signéWouter Van Dieren. Plus néerlandais que ça comme nom, tu meurs! Mais le garsnous donne vraiment le goût de faire un détour aux Pays-Bas pour une longuepériode.

Je vous cite lespassages les plus éloquents:

« Lorsqu’il faitfroid dehors, que l’ouragan souffle en tempête sur la mer du Nord, lesHollandais se tiennent à l’abri dans les maisons les plus chaleureuses dumonde. Ils y cultivent l’art de la convivialité. Ses principaux ingrédientssont le chocolat, le genièvre, saint Nicolas, les plantes vertes et le bonheurd’être ensemble sous la lampe, les pieds devant le feu. »

Deuxièmepassage :

«Si vous demandez à unNéerlandais la signification exacte du mot « gezellig » (prononcer« rezeller »), que vous entendez sans cesse revenir dans lesconversations, il vous fera un clin d’œil. Et vous expliquera que le mot nepeut pas se traduire en français. Puis il vous parlera, pêle-mêle, d’intimitéfamiliale, de confort, de bruits particuliers tels que le glouglou de lathéière sur le petit chauffe-plat, de la nécessité d’encombrer le living-roomd’objets hétéroclites(rappelez-vous mon billet Vélos, musique et voile debateau), de vieux jeux de famille, maintenant remplacés, hélas, par latélévision. »

Troisièmepassage :

« Avec un chienet un téléphone, on possède déjà le début d’un mobilier hollandais classique.Aucun accessoire n’est négligé qui puisse contribuer au confort de la maison.Les aménités de la vie domestique se sont raffinées à un tel point au cours dessiècles que le Hollandais préfère toujours à une sortie nocturne le charmed’une soirée en famille, à la maison. »

Quatrièmepassage :

«Tout d’abord, endépit d’un climat rude, les Néerlandais adorent les grandes baies vitrées. Deplus, ils ne ferment jamais leurs rideaux. Si l’on plonge ses regards sur lascène de l’un de ces théâtres de la vie privée pris au hasard, on aperçoit deslumières tamisées, des écrans de dentelle, des petits tableaux, des fleurs séchées,des souvenirs de famille ou de voyages disposés comme dans la vitrine d’unbrocanteur. Dans l’appartement suivant, un chat se pelotonne sur les genoux desa maîtresse qui tricote, tout en conversant avec ses amis. »

Cinquièmepassage :

« Les Néerlandaissemblent posséder un véritable génie pour se modeler un style d’existence quileur est très personnel et ceci quel que soit l’environnement social. C’estsans doute ce qui rend la vie aux Pays-Bas si plaisante. Si ses habitants sontparfois enclins à penser qu’elle peut être meilleure ailleurs, une fois surplace, ils sont toujours heureux de rentrer à la maison. »

Dernier passage:

« Le soir de laSaint-Nicolas, la famille se réunit autour de la table couverte de petitsgâteaux aux épices et au beurre, de lettres en chocolat (les initiales desmembres présents) de pâtes d’amandes, de nougatines et de vin d’évêque, un vinchaud sucré, parfumé aux clous de girofle et aux peaux d’orange. »

C’est le genred’article qu’on aime lire l’hiver, emmitouflé dans son lit. On part pour lesPays-Bas?   

(Photo: Pourtoi.biz)

   

 

 

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