C’est ma maison! Sortez d’ici!

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Tout en bavardant, nous nous sommes rappelé qu’un membre de l’équipe de Casarazzi avait lu un texte percutant sur une histoire d’un homme qui avait perdu sa maison. L’article avait fait jaser. L’auteur en question avait été témoin d’une scène déchirante.

Nous avons trouvé pertinent de le publier dans la section qui se consacre à la famille. L’homme a bien voulu que je publie son texte  sur le site de Via Capitale. Voici l’histoire:

C’était un homme de 82 ans souffrant de l’Alzheimer. Arriva le jour où sa femme, épuisée, ne pouvait plus prendre soin de lui.

Le couple vivait dangereusement. Des petits gestes du quotidien se transformaient en bombes à retardement. Leur sécurité était en jeu. Les quatre enfants prirent la décision de  les placer dans une résidence pour personnes âgées. Ni l’homme ni la femme ne voulaient quitter leur maison. C’est donc à reculons que les enfants se sont présentés chez leurs parents, un beau samedi matin, avec le camion de déménagement. Ils avaient la mort dans l’âme, mais fallait sourire pour mettre de l’ambiance!

La veille encore, ils avaient réussi à convaincre leur père qu’il devait quitter la maison. Le hic, c’est que c’était à recommencer jour après jour. Le père comprenait l’urgence de déménager, sauf qu’il l’oubliait dans l’heure suivante.

Je le vois encore le matin du déménagement, debout devant sa maison, à se demander pourquoi toute sa famille, enfants et petits-enfants, était chez lui à une heure si matinale. Et le camion? C’est pourquoi le camion?

Il se mit dans une colère terrible lorsqu’il apprit qu’on venait «l’arracher» à sa maison, lui et sa femme, et qu’ils allaient emménager dans une résidence pour personnes âgées. Pendant qu’on vidait la maison meuble par meuble, pièce par pièce, l’homme pleurait comme un bébé en frappant le mur à coup de poing. Il menaçait de traîner ses enfants devant les tribunaux. Le moment après, il s’effondrait.

Le cœur dans la flotte et la larme à l’œil, les quatre enfants lui expliquaient à tour de rôle l’urgence de quitter la maison. L’homme finissait par comprendre. Mais trente minutes plus tard: «Qu’est-ce que vous faites là? C’est ma maison! Sortez d’ici!» Et il recommençait à pleurer. Sa femme aussi.
(suite dans le billet suivant)

Source : Bourassa J. L’Hebdo Journal 28 avril 2010.

Photo : iStockphoto LP

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