Un centre culturel unique au monde (2)

Tacheles 1998, photo Howard Percy, Wikipedia
Tacheles 1998, photo Howard Percy, Wikipedia

L’édifice du centre Tacheles a été construit entre 1907 et 1908. C’était à l’origine un grand magasin qui donnait sur deux rues, à l’avant et à l’arrière. Un passage souterrain reliait les deux rues. Plusieurs petits commerces jalonnaient le passage.

L’édifice était jugé très moderne car il renfermait du béton armé, ce qui était rare à l’époque puisque le premier immeuble doté de ce matériau innovateur avait été bâti à Paris en 1892. Le béton armé n’avait pas vingt ans d’existence.

Étant non rentable, le grand magasin ferma en 1914, l’année du début de la Première Guerre mondiale. En 1924, le nouveau propriétaire apporta des rénovations et fit construire une cave gigantesque. Elle existe toujours.

Hitler arrive au pouvoir.  Les nazis lorgnent l’édifice. Au cœur de la Deuxième Guerre mondiale, ils y aménagent des bureaux avant de devenir propriétaires de l’immeuble en 1941. Les redoutables SS s’y installent. Plus tard, des prisonniers de guerre français seront enfermés dans le grenier.  

Hitler perd la guerre. De l’ouest, les Américains marchent vers le cœur de Berlin; les Soviétiques font de même à l’est.  Avant de se retirer de l’immeuble, les nazis inondent la cave. L’eau est toujours là, semble-t-il.

iStockphoto LP
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La guerre terminée, commerçants, artisans et autres se partagent le bâtiment qui est en ruines, mais se tient toujours debout. Les travaux de rénovation se succéderont. L’entrée principale du bâtiment date de cette époque.

Dans les années 70, des experts en bâtiment proposent de détruire l’édifice de cinq étages qui a visiblement besoin de travaux de rénovation majeurs. Les travaux de démolition débutent en 1980. Ils dureront dix ans. Allez savoir pourquoi!

Le mur de Berlin tombe en novembre 1989. La ville est envahie d’artistes venus du monde entier pour profiter de la confusion et s’installer dans des locaux abandonnés.  Les squats se multiplient.

iStockphoto LP
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En février 1990, deux mois avant l’étape finale de la destruction, un groupe d’artistes squattent le bâtiment pour une période de deux ans. Ils veulent qu’il soit classé lieu historique. Ils gagnent la bataille. D’autant plus qu’un nouvel examen révèle que la structure  portante n’a rien perdu de sa solidité.

Les artistes s’éclatent. Tout l’intérieur est peint à travers des graffitis artistiques, des fresques, des dessins. À l’extérieur, des sculptures de métal, de débris rassemblés et d’autres matériaux poussent dans la cour arrière. Surgissent les dizaines d’ateliers et les salles d’exposition. De ce branle-bas naît le centre Tacheles.

Les 400 000 touristes qui visitaient le centre chaque année circulaient entre les œuvres entre les étages et échangeaient avec les artistes.  Parmi ces artistes ils entendaient parler allemand, anglais, français, espagnol et d’autres langues.

Policiers et huissiers sont venus ordonner aux artistes de quitter les lieux à l’automne 2012. Des gens d’affaires voudraient mettre la main sur le bâtiment. Selon Wikipedia,  le parc à sculptures derrière l’édifice est toujours ouvert au public et quelques artistes intrépides sont toujours actifs. C’est à vérifier.

Référence: Wikipedia français à l’article Centre Tacheles

Photos : Wikipedia CC attribution Howard Percy et iStpockphoto LP

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