Ce cher garage!

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Presque tous les soirs en revenant de travailler, entre 19h et 20h, la porte du garage est ouverte, non loin de chez moi. Le téléviseur grand écran est allumé. Trois, quatre, cinq types, souvent plus, regardent le téléviseur ou jasent, bière à la main. Je les entends parler, rire, chialer.

Ils sont debout, ou affalés sur un sofa qui n’a rien d’un sofa destiné à la récupération, ou assis dans le fauteuil ou sur une chaise de bois, ou ils discutent autour de l’auto. Dehors l’auto, rarement dans le garage.

Je vois souvent des filles, des couples, des gens plus âgés s’attarder pour bavarder un brin ou passer sur le trottoir en saluant bruyamment les «garageux.»

Quand il commence à faire noir tôt, vu que la porte du garage est ouverte, un rectangle de lumière presque parfait se découpe dans l’obscurité. Et c’est plein de vie dans ce rectangle! C’est comme ça presque tous les soirs, sauf l’hiver bien entendu. Mais attention, la porte du garage s’ouvre tôt au printemps et se ferme tard à l’automne.

Pourtant, ce n’est qu’un garage. Un vulgaire garage.

Vous souvenez-vous de la femme immigrante qui organisait des soirées de danse cubaine dans son garage? Elle y recevait ses invités pour faire la fiesta. Son garage se transformait en salle de danse pour les besoins de la fête.

L’album Beau Dommage, du groupe Beau Dommage, l’un des plus importants de l’histoire de la chanson au Québec, aurait pris naissance dans un garage en ce sens que les musiciens répétaient souvent à l’intérieur de cette pièce tellement peu élégante.

Remarquez que ce n’était pas une première. Les groupes de rock étaient si nombreux à jouer dans les garages dans les années 60 que cela a donné lieu à un nouveau style: le garage rock.

J’ai appris récemment que des propriétaires transformaient leur garage en bureau de travail. Suffit de quelques travaux de rénovation et le tour est joué.

Il y a quelques années, dans l’est de Montréal, j’ai connu un type dont sa chambre à coucher était un ancien garage. La porte était toujours là, d’ailleurs. Le lit du type remplissait presque la totalité de l’espace.

Bobby Orr, une légende du hockey, a développé son fameux lancer frappé en projetant la rondelle sur le rocher de granit qui formait le mur du fond. Orr ouvrait la porte du garage et enfilait les rondelles les unes après les autres. Des heures durant.

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Le garage est une pièce vraiment multidisciplinaire : abri pour auto, atelier de travail, lieu de socialisation, soirées de danse, local de musique, bureau de travail, chambre à coucher, espace d’entraînement pour le hockey.

Pourtant, ce n’est qu’un garage. Un vulgaire garage.

Références

Photo: iStock.com

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