Calepin d’une flâneuse à Berlin

Tout en flânant dans les rues de Berlin, je pense encore une fois à vous. Après une journée de travail ou d’études, qu’est-ce que vous faites? La majorité d’entre vous retourne à la maison, n’est-ce pas?

Au bord de la Spree à Berlin, Casarazzi
Au bord de la Spree à Berlin, Casarazzi

Imaginez-vous plutôt assis sur un haut tabouret dans un bar, ou sur un banc devant une fontaine, ou sur une chaise à la terrasse d’un bistrot, ou allongé sur une chaise de plage. Avouez que vos conversations et les gens qui vous accompagneront ne seront sûrement pas les mêmes selon l’endroit choisi.

S’il est normal de voir des chaises aux terrasses des restos et bars de Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saint-Adrien de Ham, La Patrie, pour ne nommer que ces villes et villages, je me demande à quel moment la mode des chaises de plage s’allongeant devant les commerces, comme à Berlin, gagnera le Québec.

J’entends les Montréalais : «Mais nous en avons à la plage de l’Horloge!». Je vous réponds, à Berlin, on en voit partout. Et pas besoin de payer, si ce n’est que pour une consommation ou un produit du commerce où les chaises attendent les clients. Au début, je me disais que c’était à cause des larges trottoirs, des grandes places publiques et espaces le long des canaux. Pas du tout!

Devant une épicerie bio à Berlin, Casarazzi
Devant une épicerie bio à Berlin, Casarazzi

On en voit dans des espaces plus restreints. Et même devant une épicerie bio avec, en plus, une vache aux faux poils grandeur nature! Les chaises recouvertes font penser aux sièges des plages des siècles passés, vous ne trouvez pas?

Peu importe les couleurs et les logos promotionnels, il y en a pour tous les goûts. Au fait, les Berlinois n’attendent pas le soleil ni la chaleur pour se prélasser. Ils s’allongent dès que le temps le permet, même s’il fait un peu frais.

Avant la chute du mur, dans la partie communiste de Berlin, les petits bonhommes vert et rouge que vous voyez donnaient le signal au piéton de traverser ou non la rue. Lorsqu’est venu le temps d’effacer les traces du communisme, le designer industriel Markus Heckhausen a mis sur le marché des lampes avec les p’tits bonhommes qu’on appelle Ampelmann. Des pétitions ont fusé de partout en spécifiant « Nous sommes le peuple » pour garder les feux de signalisation avec les Amplemann. Depuis, ils sont devenus  le symbole de la réunification allemande.

Chaises Amplemann, Berlin, Casarazzi
Chaises Amplemann, Berlin, Casarazzi

Toutes ces chaises favorisent l’échange et les retrouvailles entre les Berlinois. Ça me rappelle Sarajevo et Venise en 2006. Les gens disaient se rencontrer après le travail dans les cafés et les bars. Ils prenaient  un verre et échangeaient entre amis. De plus, ils  mangeaient rarement au restaurant. Ils préféraient manger à la maison. Souvent avec des proches.

À Berlin aussi des rencontres se déroulent en fin d’après-midi. Sauf que, si je me fie aux têtes penchées et aux doigts actifs sur les claviers de téléphone, les échanges semblent emprunter le chemin du virtuel. L’art de vivre est en train de se transformer. En attendant, imaginez-vous étendu sur l’une des chaises des photos ci-jointes, mais sur les terrasses des villes et villages québécois. Ou chez vous en bonne compagnie.

Photos : Casarazzi

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