Budget Bachand : on sort la tête basse

Ni les propriétaires ni les groupes de défense des locataires n’ont apprécié le budget Bachand.

Du côté de l’Association des propriétaires du Québec (APQ), on déplore une fois de plus l’obstination du gouvernement à bâtir des logements sociaux au lieu de venir en aide aux plus démunis par le biais d’une aide financière.

« Le problème de lutte à la pauvreté est un problème de société qui appelle des solutions financières qui doivent être supportées par l’ensemble de la population et non seulement par les propriétaires d’immeubles locatifs, estime l’APQ. Si le problème est d’origine monétaire, c’est le montant versé au locataire qui devrait être modifié. Le coût des loyers doit être soumis à des impératifs de rentabilité et de marché si nous voulons un marché dynamique et des logements en bon état. »

L’APQ rappelle que le ministre Laurent Lessard avait annoncé en 2009 un investissement record de 820 millions en matière de logement abordable.

« Nous sommes consternés de constater que le gouvernement ait refusé de tenir compte des demandes de l’Association des propriétaires du Québec qui demandait l’octroi d’un incitatif fiscal pour les travaux dans les immeubles locatifs résidentiels au Québec. Il n’est pas normal de demander au propriétaire d’entretenir son immeuble et de lui imposer une durée de 32 ans avec la méthode actuelle de fixation des loyers pour récupérer son investissement! Il faut prendre en compte que le parc immobilier locatif privé se détériore en raison du manque d’appui tant financier, fiscal que législatif. La méthode de fixation de loyer étant un exemple probant » déclare Martin Messier, président de l’APQ.

Du côté des groupes de défense des locataires, on se montre aussi déçu que les propriétaires. Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) estime que le gouvernement laisse encore tomber les locataires.

On se rappelle que l’organisme exigeait plus d’argent pour accélérer l’analyse des plaintes au tribunal de la Régie du logement.

« Quand les délais d’audience sont supérieurs à la durée d’un bail, cela équivaut à nier aux locataires le droit à un logement sécuritaire et en bon état d’habitabilité » laisse tomber France Emond, porte-parole du RCLALQ.

Elle poursuit: « Toute recommandation visant à introduire une procédure spéciale expéditive pour traiter les 46 818 causes en non-paiement, et qui aurait pour effet d’empêcher les locataires de bénéficier d’une audience devant le Régisseur est inadmissible. Il faut entendre les locataires en défaut de paiement et non les évincer encore plus rapidement. »

Ce n’est pas plus gai du côté du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) : « L’ajout de 3000 nouvelles unités de logement social d’ici le 31 mars 2015 et la création d’un maigre crédit d’impôt pour la solidarité ne peuvent en rien tenir lieu de Plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale », déclare le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. « Il manque toujours 10 500 logements, dont près de 9000 logements familiaux, pour sortir de la pénurie de logements locatifs qui frappe le Québec pour une dixième année consécutive. »

L’organisme rappelle qu’avant la crise économique « le problème d’incapacité de payer qui, au moment du recensement de 2006, obligeait déjà 203 000 ménages locataires à consacrer plus de la moitié de leur revenu en loyer, ce qui a entre autres fait augmenter considérablement le nombre de causes de non-paiement de loyer à la Régie du logement, lequel atteignait 46 818 en 2008-2009. »

L’organisme considère que 111 710 logements locatifs ont besoin de réparations majeures au Québec.

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