Bien au delà de la pointe de pizza

Non seulement l’acte de déménager est considéré comme une fête par plusieurs observateurs de la culture québécoise, il possède aussi ses propres traditions, sa propre histoire, ses propres coutumes. Ça va bien au-delà de la pizza qu’on se partage une fois les pieds dans le nouveau logement.

Voici l’histoire du déménagement depuis 165 ans, d’après une initiative de la Banque Laurentienne.

« En vertu d’une ordonnance de l’Intendant Bigot en 1750, le 1er mai a longtemps été la date fixée pour les déménagements. Cette date est ensuite devenue la date d’échéance uniforme des baux résidentiels inscrite dans le Code civil du Québec.

En 1974, un projet de loi abrogeait cette disposition, laissant alors aux seuls propriétaires et aux locataires le soin de convenir de la date d’échéance du bail.

Cette modification a été accueillie très favorablement par bon nombre de familles, qui se voyaient auparavant contraintes d’inscrire leurs enfants dans de nouvelles écoles à quelques semaines de la fin de l’année scolaire.

Montréal 1882

Très rapidement, la population québécoise a adopté la période entourant le 1er juillet pour procéder aux déménagements, ce qui a donné lieu à une concentration tout à fait exceptionnelle de cette activité dans la province. 1

À l’époque où la Banque Laurentienne est fondée, en 1846, Montréal compte environ 48 000 habitants. Dans les quartiers modestes de la ville, les ouvriers connaissent des conditions de vie particulièrement difficiles. Les logements, bâtis en vitesse pour répondre à la demande et juxtaposés les uns aux autres, ne possèdent ni baignoire ni eau chaude, rarement de toilettes, et pas encore d’électricité. Ils sont habituellement peu éclairés et mal aérés.2 On peut facilement imaginer que l’envie de déménager pour améliorer son sort est constante.

Par ailleurs, à la même époque, un autre quartier de la ville, le Square Mile, vit son âge d’or. C’est une période de prospérité pour la bourgeoisie qui avait quitté la vieille ville fortifiée surpeuplée et agitée pour l’air frais des hauteurs, aux abords du Mont-Royal. Cette aristocratie commerciale contrôle alors les deux tiers des fortunes canadiennes. Dans un quadrilatère d’environ un mille carré, la haute société s’adonne à des activités à la mesure de la fortune de chacun.3

Avec le temps et le développement de la classe moyenne, les écarts entre les classes sociales se sont rétrécis et l’accès à la propriété a pris de l’ampleur. « À Montréal aujourd’hui, près de 55 % des résidents sont propriétaires de leur logement, soit un peu moins que la moyenne de 61 % enregistrée à l’échelle du Québec, précise Marie-Claude Guillotte, économiste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Il s’agit tout de même d’un accroissement considérable puisqu’en 1981, à peine 42 % des résidents montréalais étaient propriétaires de leur logement. »

Par ailleurs, le crédit hypothécaire résidentiel par habitant octroyé par les banques à charte est 12 fois plus élevé qu’il ne l’était en 1981. Un accès moins restrictif au crédit et des taux d’intérêt à la baisse ont stimulé fortement la demande de crédit. À cet égard, il faut noter que le taux d’intérêt fixe de cinq ans offert pour un prêt hypothécaire conventionnel est passé de 17,75 % en 1981 à un niveau historiquement faible de 5,19 % en 2010.

Le taux de propriété au Québec est ainsi passé de 53,3 % en 1981 à environ 61 % en 2010, une croissance plus rapide qu’au niveau national. Néanmoins, les coûts de propriété (incluant le paiement des frais d’intérêts, les taxes, les frais de maintenance, etc., et excluant les paiements de capital) ont augmenté plus rapidement que les coûts de location – une fois et demie de plus par rapport à 1981 – en raison de la forte augmentation des primes d’assurance, des taxes foncières et des coûts de remplacement (frais de notaire et taxes de mutation par exemple).

1Source: Wikipedia

2Source : Série documentaire Histoires oubliées

3Source : Héritage Montréal »

Info : https://www.banquelaurentienne.ca/fr/apropos_blc/index.html

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