Au pays de Fred Pellerin

                      

Pour la Saint-Valentin, ma copine voulait passer une partie de la journée au village du conteur Fred Pellerin. Depuis le temps qu’elle voulait y aller! Je dis village car Saint-Élie-de-Caxton n’est qu’un village parmi tant d’autres au Québec. Rien de plus, rien de moins.

Ma copine voulait marcher dans les rues de Saint-Élie après avoir fait un peu de farniente au gîte Le Lutin Marmiton. On dégustait un chocolat chaud  -un vrai- lorsqu’un homme est entré avec sa femme. Cheveux gris tous les deux, l’air sympathique. Ils arrivaient de Saint-Boniface, un village voisin. Un habitant de Saint-Élie venait de mourir. Une vieille connaissance du couple sans doute, venu le saluer une dernière fois. 

Ils ne sont restés que le temps d’un café. Ce fut amplement suffisant pour moi et ma copine. Remarquant le mot « Esimesac » sur le menu je crois, l’homme lança à la serveuse : « Savez-vous d’où ça vient? » La voyant perplexe, il expliqua qu’un homme très fort physiquement et venant du coin avait pour prénom Onésime Isaac. Comme les gens ont l’habitude d’escamoter des syllabes en parlant, les deux noms se sont télescopés. Et l’homme se mit à parler de Toussaint Brodeur en racontant une anecdote qu’on lui avait transmise à son sujet. La serveuse enchaîna avec le garagiste Léo Déziel qui vient de vendre son garage. Pendant quinze minutes, nous n’étions plus au village, mais au pays de Fred Pellerin car tous ces noms figurent parmi les personnages du conteur de Saint-Élie.

Je vous entends grogner d’ici : « C’est quoi le rapport avec un blogue censé parler d’immobilier? »

C’est que, juste avant l’arrivée du couple de Saint-Boniface, ma copine et moi avions pris le temps de visiter le gîte, autrefois un presbytère. Si vous aimez les maisons d’autrefois, vous aimerez le gîte du presbytère de Saint-Élie-de-Caxton. Plafonds hauts, planchers de bois, boiseries autour des portes plus hautes que d’habitude, fenêtres qui s’ouvrent au-dessus de chaque porte (l’une d’elles dotée d’un vitrail), têtes de lit antiques et couvre-lits se rapprochant des catalognes, larges plinthes de bois au bas des murs, « trappe » à même le sol menant à la cave (comme on disait jadis), commode et chaises d’époque. Ma copine, elle, insiste sur la poignée de porte de la salle de bain. « Je ne la lâchais pas des yeux! » Et à l’entrée principale du presbytère, une cloche que l’on tourne, l’ancêtre de la sonnette d’aujourd’hui.

Côté décoration, on entre dans l’imaginaire de Fred Pellerin. Accrochés au plafond de la salle à manger, des dizaines de chapeaux de lutins de toutes les couleurs. Un enfant s’amusait à les repérer lors de notre visite. À l’étage, une toile consacrée au conteur le plus célèbre du Québec.

Maintenant que Fred est devenue une star en France, attendez-vous à voir des dizaines de Français et de Françaises venir à Saint-Élie-de-Caxton. Du même coup, ils découvriront le patrimoine architectural québécois à travers le gîte du presbytère.

Saint-Élie-de-Caxton est situé à l’est de Shawinigan, donc au nord-est de Trois-Rivières, presque aux portes du Parc de la Mauricie.

   

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